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Extradition de M. Compaoré : En attendant la décision de la Cour de Cassation, voici-ci ce que l’on sait

Les Burkinabè attendent ce mardi 4 juin la décision de la plus haute juridiction française, la cour de cassation pour savoir si François Compaoré sera extradé ou pas. Mais entendant cette décision, www.libreinfo.net vous fait un bref rappel des faits sur l’affaire Norbert Zongo très rattachée à François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré.

Les burkinabè auront-ils enfin leur justice ? Vingt ans après l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, le principal suspect, François Compaoré avait été arrêté par la justice française le 29 octobre 2017, à Paris. Alors, la justice burkinabè a demandé son extradition. C’est le 13 décembre 1998, que le monde des médias et les burkinabè en général apprenaient avec amertume, l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune sur la route de Sapouy. Le crime crapuleux a plongé tout le pays dans une consternation totale.

Des manifestations suivront à travers tout le pays durant plusieurs mois pour réclamer la vérité et la justice. François Compaoré, le petit frère cadet du président Blaise Compaoré à l’époque est pointé du doigt par plus d’un. Le pouvoir de l’ancien Président Compaoré vacille mais ne s’écroule pas. Après tout le dossier connaîtra un dénouement judiciaire très ahurissant, il sera non classé plus tard, mais personne ne veut croire à cette décision de justice qui semble être monté de toute pièce.

Selon la commission d’enquête indépendante, la mort de Norbert Zongo était due à des motifs purement politiques, en raison de ses investigations au sujet de la mort après tortures de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, frère cadet du président déchu, Blaise Compaoré.

Ce dernier fut inculpé du meurtre de David Ouédraogo en janvier 1999. Selon l’ONG Reporter sans frontières (RSF), le 20 octobre 2006, le rapport d’enquête de la commission d’enquête indépendante (CEI) sur l’assassinat de Norbert Zongo, avait été expurgé d’éléments mettant en cause François Compaoré. Pour plus de lumière sur l’affaire, le journal l’Evènement a repris l’enquête de RSF et François compaoré a porté plainte contre le journal pour diffamation. En cette même année 2006, le juge d’instruction a prononcé un non-lieu en faveur du seul accusé, Marcel Kafando, et a curieusement clos l’enquête.

Puis, le 8 janvier 2007, l’affaire est passée devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou, mais l’audience a été renvoyée au 22 janvier, pour faute de preuves du même journal. En 2012, la famille du journaliste, les avocats de la partie civile et le mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) ont saisi la cour africaine des droits de l’homme et des peuples à Arusha.

La cour se déclare compétente le 21 juin 2013 pour le dossier. Le 28 novembre 2013, les juges sont passés au jugement de l’affaire, qui est délibérée le 28 mars 2014. Dans son arrêt, la cour a condamné l’Etat burkinabè pour avoir « violé les droits des requérants à ce que leur cause soit entendue par la justice nationale ». Cette décision sonne comme une réouverture du dossier Norbert Zongo.

La justice burkinabè rouvre le dossier après la déchéance de Blaise Compaoré en octobre 2014, sous la transition de Michelle Kafando en 2015. Selon, l’avocat de la famille, Me Prosper Farama, François Compaoré est l’un des principaux suspects. Après l’insurrection populaire contre le régime de Blaise Compaoré, le frère cadet du président a pris la fuite et fait la navette entre la France et la Côte d’Ivoire, où se trouve Blaise Compaoré.

Un mandat d’arrêt international a été lancé le 5 Mai 2017 suite aux réquisitions du Parquet contre François Compaoré. Il est poursuivi pour incitation à assassinat sur la personne du journaliste d’investigation et directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo. Dans une interview donnée à Jeune Afrique à propos du mandat d’arrêt, François Compaoré a confié que ses avocats ont investigué sur cette question auprès des autorités Françaises et Ivoiriennes, deux pays dans lesquels il séjournait. « Ils n’ont trouvé aucune trace de ce mandat. Je suis donc serein et continue à vivre normalement », a-t-il déclaré.

Contre toute attente, a bord du vol Air France AF703 en provenance d’Abidjan, François Compaoré a été interpellé le dimanche 29 octobre 2017 par la police française à son arrivée à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, peu après 6 heures du matin. Lors de sa première comparution le 13 décembre 2017(date anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo), François Compaoré avait répondu « non » à la question de savoir, comme la procédure l’exige, s’il consentait à être remis aux autorités judiciaires du Burkina Faso pour y être jugé.

Le 5 décembre 2018, la Cour d’appel de Paris donne un avis favorable à la demande d’extradition de François Compaoré  vers le Burkina. Mais sa défense va utiliser plusieurs recours judiciaires, à commencer par le pourvoi en cassation, pour contester cette décision.

Après le pourvoi en cassation, la Cour d’appel a rejeté ce 4 mai 2019,ce pourvoi en cassation formé par François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso. C’est dire que François Compaoré sera entendu au Burkina par rapport à l’affaire Norbert Zongo.

Delphine Sidbega
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