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Cohésion : Vous avez dit « Vivre-ensemble dans la paix »?

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Le savez-vous, aujourd’hui, 16 mai, c’est la « Journée internationale du vivre-ensemble dans la paix » ! Décrétée en 2017 par les Nations unies à l’initiative du cheikh algérien Kaled Bentounes, cette journée nous donne à réfléchir sur notre regard et sur notre rapport à l’autre. Il s’agit ainsi de cultiver la paix, la tolérance, l’inclusion, la compréhension et la solidarité, dans un monde où les extrémismes s’exacerbent à un rythme exponentiel… 

Par Serge Mathias Tomondji

C’est le pasteur noir américain Martin Luther King, assassiné le 4 avril 1968, qui a eu ces mots tellement justes et poignants : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

Des mots pleins de pertinence, qui soulignent le bon sens même et qui nous renvoient — qui devraient nous renvoyer — chaque matin devant le miroir de nos turpitudes et de nos dérives, multiples et multiformes.

Fervent militant pour la paix et contre la pauvreté, Martin Luther King a mené des actions pacifiques pour défendre le droit de vote, la déségrégation et l’emploi des minorités ethniques aux États-Unis.

Le célèbre discours intitulé « I have a dream » (Je fais un rêve), qu’il prononce le 28 août 1963, reste mémorable.

Et avant son assassinat en 1968, celui que l’on peut considérer comme l’un des chantres de la non-violence devient, en 1964, le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix pour sa lutte contre la ségrégation raciale et pour la paix.

Il reçoit aussi, à titre posthume, la médaille présidentielle de la Liberté en 1977, le prix des droits de l’Homme des Nations unies en 1978, et la médaille d’or du Congrès en 2004.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le vivre-ensemble et la paix des communautés se trouvent au cœur du combat du pasteur Martin Luther King qui a tissé son bout de corde aux États-Unis, dans le difficile contexte de la ségrégation raciale des années 1960.

Et il est heureux de constater que d’autres acteurs reprennent le flambeau, à l’échelle de l’Afrique et du monde, pour plaider à la construction, partout, d’un environnement de paix et de fraternité.  

Vivre l’un avec l’autre…

Depuis le 8 décembre 2017 en effet, les Nations unies consacrent le 16 mai de chaque année à une réflexion et à des actions sur le vivre-ensemble.

L’idée de cette journée remonte à 2014 et vient du cheikh Kaled Bentounes de l’Algérie, qui invite tous à « vivre l’un avec l’autre et non l’un contre l’autre ».

Adoptée par consensus, à l’unanimité des 193 membres des Nations unies, la déclaration présentée par l’Algérie et instituant la « Journée internationale du vivre-ensemble dans la paix » vise ainsi à mobiliser « les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité ».

Une journée qui a du sens, en ces moments troublés où le vivre-ensemble est fortement menacé dans divers pays, et notamment au Burkina Faso.

On peut d’ailleurs s’étonner que notre communauté humaine en soit arrivée à décréter une telle journée pour promouvoir des valeurs qui existent depuis toujours et qui sont connues de tous.

La fraternité, la solidarité, la bonne entente entre voisins, villages, communautés ne sont-elles pas inscrites dans notre ADN ? Comment promouvoir aujourd’hui ces valeurs dans un monde où les extrémismes de toutes sortes montent en puissance ?

Le vivre-ensemble est en effet le principe de base exprimant les liens pacifiques, de bonne entente qu’entretiennent des personnes, des peuples ou des ethnies avec d’autres, dans leur environnement de vie ou leur territoire.

Un principe de base qui a pris, ces dernières années, un sacré coup au Burkina, en Afrique et ailleurs dans le monde. Et l’on s’efforce, ci et là, d’organiser des fora, séances de sensibilisation et autres ateliers pour… éduquer au vivre-ensemble ! Au point de tomber parfois dans une sorte de folklorisation qui l’emprunte au politiquement correct.  

Combien de plaidoyers ?

Au fait, nous sommes condamnés à vivre avec l’autre, à composer avec l’autre, à fraterniser avec l’autre, à nous regarder sans cesse dans l’autre. Vivre ensemble tombe donc sous le sens et constitue l’aspiration légitime de toute personne dans n’importe lequel des hameaux du monde.

Alors, nous devons résolument nous dresser, au Burkina Faso notamment, contre ces groupes armés qui terrorisent les populations, semant au passage la zizanie dans des relations intercommunautaires, autrefois exemplaires.

Quels ressorts, quels leviers activer aujourd’hui pour restaurer et préserver le vivre-ensemble dans la paix, dans ce pays où tous les discours appellent à l’union des cœurs pour affronter le terrorisme et les extrémismes de toutes sortes ? Combien de plaidoyers nous faut-il encore pour revenir à cette prédisposition normale et naturelle qui nous commande de vivre l’un avec l’autre ? Comment gagner le pari lorsque la famille, cellule de base de toute société, ne joue plus toujours son important rôle d’éducation pour inculquer, par la pratique et par l’exemple, les bons comportements à adopter pour le vivre-ensemble en paix dans les communautés ? 

Fort heureusement, le Burkina peut aussi compter sur la qualité du dialogue interreligieux, qui ouvre constamment des passerelles d’actions pour une compréhension mutuelle des problématiques actuelles et des défis à relever.

Fondateur et président de l’association Dialogue sans frontières, Filippe Savadogo notait fort justement à ce propos, il y a quelques années, que « la reconnaissance du pluralisme religieux est une réalité au Burkina Faso. Il y a aussi des concertations entre leaders confessionnels (…). Nous devons continuer à cultiver le respect de l’autre, à comprendre que l’acceptation de la différence est une plus-value ».

La récente institutionnalisation, le 15 mai de chaque année, de la Journée des coutumes et traditions, vient sans aucun doute renforcer la cohésion sur cette plateforme religieuse plurielle.

En tout état de cause, elle devrait fonctionner ainsi et vitaminer davantage les échanges interconfessionnels, dans l’acceptation de la différence, pour le bien de tous ! Car, vivre ensemble dans la paix et la cohésion passe aussi par la valorisation et le respect de nos cultes, coutumes et traditions.

Au-delà du 16 mai

Il passe aussi par l’expression sincère de nos richesses culturelles, aussi belles que variées, et qui traduisent la réalité de notre être le plus profond.

Il est d’ailleurs admis que la culture constitue l’un des importants leviers à actionner pour redonner du sens à la solidarité et au vivre-ensemble dans les communautés.

Un proverbe bien africain proclame-t-il pas que « la culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l’humanité » ? 

Voilà qui questionne avec éloquence notre manière d’être, de penser, d’agir et de communiquer en société… Et qui nous fouette, à chaque lever de soleil, de cette « injonction » — oui, j’ose dire injonction — du pasteur Martin Luther King qui nous invite si gentiment à vivre ensemble comme des frères, pour ne pas mourir tous ensemble comme des idiots.

Au-delà du 16 mai, la Journée internationale du vivre-ensemble dans la paix, instituée depuis 2017 par les Nations unies, devrait assurément se vivre chaque jour de notre pèlerinage sur la Terre des hommes.

C’est en effet au quotidien que nous devons traduire dans nos faits et gestes les propos du cheikh algérien Kaled Bentounes, qui nous invite à… « vivre l’un avec l’autre et non l’un contre l’autre »

www.libreinfo.net

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