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Burkina Faso: quand le président Paul Henri Damiba s’accommode mal avec la justice!

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Paul Henri Damiba
Paul Henri Damiba et l'ancien chef de l'Etat Blaise Compaoré (droite)

Ce n’est pas un secret, la rencontre annoncée du président Paul Henri Damiba et les anciens chefs de l’Etat le 8 juillet 2022 a été un fiasco. Le président de la Transition a essayé une rencontre historique mais mal concoctée. Ce qui n’a pas réussi à emballer tous les anciens présidents encore moins les burkinabè.

Par La Rédaction

Rarement une initiative n’a aussi divisé les burkinabè que la rencontre annoncée des anciens chefs de l’Etat avec Paul Henri Damiba le 8 juillet 2022. Autant on salue l’initiative, à la fois on dénonce une prime à l’impunité vis à vis de Blaise Compaoré. Le président Damiba est allé vite en besogne.

Pour un ancien chef de l’Etat qui a renoncé à sa nationalité (fait suffisamment grave), qui est condamné à perpétuité dans un procès vieux de 34 ans le 6 avril 2022 où la victime (Thomas Sankara) devient de plus en plus populaire, on avait pas besoin de prendre un tel risque de convoyer Blaise Compaoré à Ouagadougou à bord d’un avion présidentiel de l’Etat ivoirien avec toutes les garanties de repartir sain et sauf! Ce luxe ne passera pas dans l’opinion burkinabè.

Comme si cela ne suffisait pas, Blaise Compaoré a eu le temps de recevoir ses admirateurs et sa famille politique en marge de son bref séjour à Ouagadougou. Ce qui démontre un mépris vis à vis des victimes mais aussi du peuple burkinabè qui aspire à une justice pour tous.

Paul Henri Damiba ne fait pas bon compagnonnage avec le droit

Ce retour forcé de Blaise Compaoré au Burkina montre bien que Paul Henri Damiba n’a rien à cirer avec la justice. Ce n’est pas la première fois qu’il tente de mettre la justice sous le manteau. Dès février 2022, sa prestation de serment et son investiture ont fait coulé beaucoup d’encre et de salive.

Mais rien n’avait freiné l’homme du 24 janvier 2022 sur son élan de tout écraser au passage.

En attendant, une enquête judiciaire sur le dossier Inata, Paul Henri Damiba n’annonce pas des signes d’espoir. Il « réhabilite » plutôt des officiers révoqués par l’ex président Roch Kaboré dans ce même dossier qui a fait 57 morts dont 53 gendarmes.

Si l’on s’en tient aux informations de presse, le président Damiba serait conseillé par l’ancien diplomate Djibril Bassolé condamné dans le dossier du putsch 2015 et qui est sous autorisation en France actuellement pour des soins. Comment peut-on être conseillé par quelqu’un qui est condamné dans une affaire d’Etat?

Prestation de serment et investiture controversées, nominations de soldats révoqués dans l’affaire d’Inata, soutien diplomatique du condamné Djibril Bassolé et retour au Burkina Faso de Blaise Compaoré condamné à perpétuité dans l’affaire Thomas Sankara, Paul Henri Damiba ne cesse de surprendre les burkinabè. On peut tirer la conclusion que Paul Henri Damiba s’accommode mal avec la justice!

Faut-il encore espérer d’une réconciliation nationale?

La rencontre de « haut niveau » préparée sous le prétexte de la réconciliation nationale a plus divisé les burkinabè. Il sera difficile pour le président de la Transition de redonner confiance aux bourreaux et aux victimes pour une réconciliation sincère.

Tous les efforts entrepris dont l’adoption de la stratégie nationale de la réconciliation ont été vendangés. On n’improvise pas la réconciliation. Elle émane d’une volonté populaire et de bonne foi.

Paul Henri Damiba aurait été plus diplomatique dans sa démarche qu’il commencerait à recevoir les familles des victimes de toutes les tragédies de la Haute Volta au Burkina Faso sans exception. Rien ne lui empêchait de rencontrer la famille de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, de même que la famille de Norbert Zongo, des victimes de l’insurrection populaire, sans oublier toutes les familles des victimes de crimes de sang.

Mais hélas! Nos démarches sont toujours empreintes de politique que d’humanisme. Tout repose sur des calculs politiques. Dans ces genres de situation, il faut toujours faire un pas avec le peuple que de courir plus vite sans le peuple, pour paraphraser Thomas Sankara.

Lire aussi: Burkina Faso: échec de la rencontre des anciens chefs d’Etat, un camouflet pour la junte

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