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Mines : moins d’un an après, le Burkina retire les permis d’exploitation de Tambao et Inata à Afro Turc

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Le gouvernement burkinabè a annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 20 mars 2024, le retrait des permis d’exploitation de la  mine d’or d’Inata à la société Afro Turc Inata SA ainsi que celle de manganèse à la société Afro Turc Tambao SA. Une décision qui fait suite au non-paiement, d’après les autorités, des sommes dues à l’État burkinabè par ces sociétés, malgré les rappels à l’ordre et les mises en demeure. 

Par Nicolas Bazié 

L’ancien ministre des Mines Simon-Pierre Boussim avait pourtant déclaré ceci : « Nous n’avons aucune raison de douter de la bonne foi de notre partenaire ».

Cela remonte à mars 2023, et le ministre Boussim parlait de la société minière Afro Turc SA, à qui l’Etat burkinabè a cédé, le 25 avril 2023, ses actifs miniers de la grande mine d’or d’Inata et celle de manganèse de Tambao. 

Les deux mines devraient être respectivement gérées par Afro Turc Inata SA et Afro Turc Tambao SA. La décision avait été prise, à cet effet, le 1er mars et la rétrocession s’est faite par la procédure d’entente directe, c’est-à-dire que l’État engage, sans formalité, les discussions qui lui paraissent utiles avec l’investisseur Afro Turc. 

Cependant, le 20 mars 2024, soit 10 mois et 22 jours après, en conseil des ministres, le gouvernement burkinabè a adopté deux décrets portant respectivement retrait du permis d’exploitation industrielle de la grande mine d’or d’Inata de la société Afro Turc Inata SA et de celle de  manganèse de Tambao de la société Afro Turc Tambao SA. Il ajoute que les mines en question seront rétrocédées à de nouveaux investisseurs. 

Que s’est-il réellement passé ? Les autorités burkinabè expliquent que « depuis la cession de ces actifs, les sociétés Afro Turc Inata SA et Afro Turc Tambao SA n’ont procédé à aucun règlement des sommes dues à l’Etat burkinabè, malgré les interpellations et les mises en demeure de 90 jours qui leur ont été adressées. Ce qui constitue un manquement de ces sociétés à leurs obligations telles qu’elles résultent de l’article 3 des contrats de cession».

Ce qu’il faut savoir, c’est que le montant de la cession s’élève à 30 milliards FCFA dont 28 milliards FCFA pour Tambao et 2 milliards FCFA pour Inata.

De plus, il avait été indiqué que  la société minière Afro Turk SA va construire une base militaire à Tambao et que l’Etat burkinabè va acquérir des moyens stratégiques de surveillance et de combat contre le terrorisme et récolter des taxes et des dividendes dans le cadre du contrat.

Après la signature dudit contrat, l’ex-ministre des Mines, Simon Pierre Boussim faisait observer que : « la cession de ces mines se fait à titre onéreux et non gratuitement comme on l’a entendu çà et là. Et mieux, elle s’est faite dans une condition qui permet à l’Etat d’acquérir des moyens stratégiques de surveillance et de combat. Au-delà de tous ces éléments, nous pouvons nous féliciter de pouvoir faire confiance à un partenaire qui puisse nous aider dans la sécurisation de cette zone ».

En une quinzaine d’années, plusieurs sociétés se sont succédé à Tambao sans que l’exploitation ne soit matériellement effective. La dernière en date est Afro Turk, une société turque.

Le gisement de manganèse de Tambao est situé dans la commune de Markoye, province de l’Oudalan, région du Sahel précisément dans la zone dite des trois frontières avec le Mali et le Niger. 

C’est dans cette partie que le pays a enregistré sa première attaque terroriste, exactement dans la journée du samedi 4 avril 2015, il y a 9 ans. 

Quant à la mine d’Inata qui ne fonctionne plus depuis plus de 5 ans maintenant, elle est située dans la province du Soum, région du Sahel du Burkina Faso. 

www.libreinfo.net

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