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Sécurité : le terrorisme à la loupe des acteurs de la révolution burkinabè

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La situation sécuritaire du Burkina s’est invitée dans le cadre de la commémoration du 32e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara. Un panel a été organisé le 15 octobre à Ouagadougou en vue de jeter un coup d’œil rétrospectif sur la manière dont le régime révolutionnaire procédait pour assurer la sécurité des populations

La conférence a été animée par trois panélistes ayant tous une connaissance du dispositif sécuritaire du temps de la révolution pour avoir été des acteurs de premier plan. Ils ont axé leurs communications autour du thème : « Vaincre le terrorisme par la mobilisation populaire ». En toile de fond, il s’est agi pour les organisateurs de se pencher sur l’expérience du régime de la révolution en matière sécuritaire et d’envisager d’éventuelles inspirations.

S’il y a un aspect sur lequel les panélistes sont unanimes, c’est le fait que le terrorisme « du fait de sa nature importée » selon les termes du colonel à la retraite Jean-Pierre Bayala, ne peut être gagnée par seulement des militaires. Pour l’ancien Secrétaire général des Comités de Défense de la Révolution (CDR), Pierre Ouédraogo, la situation dont le Burkina est l’objet est une tentative d’invasion qu’il y a lieu de bien redéfinir en vue d’appréhender tous les contours. L’occasion pour lui de souligner l’importance du renseignement. « La situation était telle que l’ennemi se sentait partout en danger, rappelle Pierre Ouédraogo, et ce, parce que les renseignements remontaient jusqu’au secrétariat général. Mais cela n’occulte pas le renforcement des unités de combat.

Pour assurer ce rôle de renseignement et au vu de la taille actuelle de la population burkinabé, l’ancien Secrétaire général des CDR, estime qu’il faudrait mobiliser environ 1 200 000 éléments. Lesquels doivent s’organiser dans les villages et les quartiers… Le rôle de l’Etat va consister à réglementer l’action de ses éléments de sorte qu’une fois le phénomène vaincu, les armes ne se perdent pas dans la nature » conclut Pierre Ouédraogo.

Tout cela serait voué à l’échec si le peuple ne tait pas ses divergences. « Puisque de tout évidence, la guerre promet d’être longue », le colonel à la retraite Jean-Pierre Bayala invite les Burkinabè à arrêter les soupçons qu’ils portent sur certains de leurs compatriotes. « Il n’y a pas lieu de soupçonner certains Burkinabè d’être moins patriotes que les autres » analyse-t-il. Le Burkina a des planches de salut qui l’immunisent contre le terrorisme intracommunautaire du fait des valeurs ancestrales. Une réforme de l’Etat s’impose aussi selon lui. Des aspects comme la justice et l’état de droit sont à promouvoir, explique-t-il. Mais tous conviennent qu’entre le régime d’exception d’alors et celui démocratique actuel, les contextes sont difficilement superposables. Sauf que Thomas Sankara qui appelait ses compatriotes à « oser inventer l’avenir » aurait sans doute trouvé la panacée à l’hydre terroriste, foi de Abdoulaye Barro, le troisième conférencier qui lève toute équivoque quant à l’idée de négocier. « Les terroristes ne sont pas prêts à faire des concessions sur leurs intentions, comment parler alors de négociations ? » s’est-il indigné.

Soumana Loura (stagiaire)

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