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[Entretien] SISA Afrique, une nouvelle société d’investissement qui appuie les PME

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SISA AFRIQUE est une société burkinabè d’investissement mettant à la disposition des entreprises et des porteurs d’idées d’entreprises, les moyens techniques, humains et financiers pour réussir leur lancement, leur croissance et leur maturité. Dans cet entretien, son directeur général, T. Roger SAWADOGO, économiste et spécialiste de l’accompagnement stratégique et opérationnel des entreprises, nous explique la vision, les missions et les domaines d’intervention de son entreprise.

Propos recueillis par Daouda Kiekieta

Libreinfo.net : Présentez-nous SISA AFRIQUE …

T. Roger SAWADOGO: La Société d’Investissement Solidaire Africaine en abrégé SISA AFRIQUE est une société à capital investissement spécialisée dans l’accompagnement stratégique des entreprises.

Nous accompagnons cinq types d’entreprises en fonction du stade de vie : il y a les individus porteurs d’idées, les personnes qui sont sur le point de créer ou de formaliser une société, les sociétés qui sont en stade de maturité en quête de performance et les sociétés qui ont atteint un niveau de maturité.

Nous avons également les sociétés en difficulté, soit parce qu’elles sont fortement endettées, soit parce qu’elles ont des difficultés au regard de la concurrence et qui sont sur le point d’être fermées.

Nous intervenons essentiellement dans l’accompagnement technique et financier. Après avoir fait le travail technique, nous les accompagnons financièrement pour les besoins qui auraient été révélés.

Nous ne donnons pas de crédit ou de subvention. Nous faisons du capital investissement, c’est-à-dire, nous prenons des participations minoritaires dans ces sociétés afin d’intégrer les organes de gouvernance et de gestion de la société pendant trois ans minimum à sept ans au maximum. Après cela, nous quittons la société en revendant nos parts.

Libreinfo.net : En quoi consiste l’accompagnement technique dont vous parlez ?

T. Roger SAWADOGO: Nous avons une méthode d’accompagnement qui est organisée en cinq étapes.

La société a « des partenariats dans la sous-région ouest-africaine»
La société a « des partenariats dans la sous-région ouest-africaine»

L’accompagnement technique voudrait dire, dans un premier temps, qu’on fasse une immersion dans l’entreprise pour connaître ce qui ne va pas. Nous avons au moins une dizaine d’éléments à diagnostiquer dans toute société que nous intégrons.

Cette immersion permettra de voir s’il faut structurer ou restructurer l’entreprise. Après cela, nous travaillons à lever des fonds pour répondre aux besoins financiers exprimés au cours de l’immersion.

Un suivi est effectué pour s’assurer que la structuration ou la restructuration suit la bonne voie.

Le suivi est assuré et au regard de l’évolution de l’entreprise, nous travaillons à créer un réseautage pour permettre à l’entreprise d’accéder à des partenaires diversifiés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

En effet, nous avons des partenariats dans la sous-région ouest-africaine et également en Afrique centrale comme au Tchad où nous avons une entreprise installée.

Après tout cela, nous travaillons pour que l’entreprise puisse se diversifier en termes de produits et de zones d’intervention.

Libreinfo.net : Dans quels secteurs d’activités intervient SISA AFRIQUE?

T. Roger SAWADOGO: Le premier secteur qui nous intéresse c’est l’agro-sylvo-pastoral. Vous savez, l’autosuffisance alimentaire est l’un grand défi des pays africains comme le Burkina Faso. C’est pourquoi nous nous intéressons davantage à ce secteur. Mais pas seulement.

Les entreprises évoluant dans les nouvelles technologies nous intéressent également, parce que nous ne pouvons plus être en retrait des questions technologiques.

Nous intervenons aussi dans le secteur de la transformation industrielle et du commerce. Quand vous regardez, aujourd’hui tout le problème est que nous exportons l’essentiel de nos matières premières. Alors qu’il faut encourager toutes les initiatives visant à transformer ces matières premières sur place.

« Nous ne donnons pas simplement de l'argent et ne laissons pas le client se débrouiller seul», T. Roger SAWADOGO
« Nous ne donnons pas simplement de l’argent et ne laissons pas le client se débrouiller seul», T. Roger SAWADOGO

D’une manière générale, tous les secteurs d’activités nous intéressent pourvu qu’ils aient des aspects innovants. Cela parce que, pour qu’une entreprise survive, il faudrait que l’innovation et la transformation puissent prendre le dessus, sinon on sera en déphasage avec les enjeux du moment.

Libreinfo.net : Quelle est la particularité de SISA AFRIQUE par rapport aux autres sociétés d’investissement?

T. Roger SAWADOGO: SISA AFRIQUE est une forme de société qui est nouvelle en Afrique, même s’il existe déjà quelques sociétés de ce type au Burkina Faso et beaucoup plus en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Nous ne sommes ni une banque, ni une microfinance et nous ne faisons pas de crédit ; nous ne faisons pas de l’intermédiation financière, mais plutôt du capital investissement.

Notre particularité, par rapport aux autres institutions bancaires et financières, est que ces dernières accordent un financement à des clients et suivent ces clients pour s’assurer de pouvoir rentrer en possession de leur argent.

Quand nous intégrons une société, c’est pour éviter que celle-ci ne tombe vite. Nous ne donnons pas simplement de l’argent et ne laissons pas le client se débrouiller seul.

En plus des ressources financières, nous prenons le risque avec la société, c’est pourquoi on nous appelle des sociétés à capital risque.

Donc, nous sommes présents à tous les stades de vie de l’entreprise. Vous savez bien que si on ne fait pas confiance à une entreprise, on ne prendra jamais le risque d’être dans son projet pendant trois ans n’en parlons pas si on ne croit pas à son potentiel de croissance.

C’est pourquoi nous mettons l’accent sur la qualité de l’idée et de l’homme qui porte l’idée. Dès lors que l’entreprise remplit ces deux conditions, nous pouvons valablement nous engager avec elle pendant au minimum trois ans jusqu’à sa maturité.

Libreinfo.net : Jusqu’à quel montant prenez-vous part dans le capital d’une entreprise en quête d’accompagnement ?

T. Roger SAWADOGO: Actuellement nous nous limitons aux Très petites entreprises (TPE) et aux Petites et moyennes entreprises (PME) non côté en bourse. Ce choix n’est pas anodin. Si vous prenez les pays de l’UEMOA, les PME constituent plus de 80% des entreprises dans cet espace économique.

La valeur totale de notre participation au capital d’une société va de 5 à 100 millions de francs CFA. Notre participation dans le capital de l’entreprise ne saurait excéder 45%.

Prenons, par exemple, quelqu’un qui n’a que l’idée d’une entreprise et qui souhaite un accompagnement ; si on n’a pas de part plus ou moins proportionnelle, la gestion et la construction de la future société.

Libreinfo.net : Quelles sont vos perspectives pour les années à venir ?

T. Roger SAWADOGO: Nous avons pour ambition d’atteindre un niveau de mobilisation de ressources financières de 1 à 2,5 milliards de F. CFA minimum d’ici 2026. Pour ce faire, nous avons besoin aussi de partenaires financiers avec lesquels nous allons cheminer.

L’une des faiblesses des entreprises dans nos pays est que les gens sont habitués à réaliser seuls leurs projets. Du coup on se retrouve avec des Très petites entreprises (TPE) qui ne pèsent pas lourd et ne peuvent pas faire face à la concurrence du moment.

C’est pourquoi nous avons aussi besoin de partenaires pour peser comme il faut, parce qu’il s’agit du cœur de l’économie, à savoir les entreprises.

Libreinfo.net : Comment se fait l’accompagnement des personnes physiques ?

T. Roger SAWADOGO: Les individus aussi sont concernés par nos activités. Nous sommes en train de créer des conditions pour que tous ceux qui nourrissent des ambitions d’entreprendre aient accès à un cadre pour mûrir leurs projets.

C’est-à-dire que si vous êtes un fonctionnaire ou un étudiant, peu importe votre statut, à priori il y a des espaces pour vous. Je rappelle que nous avons lancé un appel à candidatures il y a environ un mois ; nous avons reçu 582 candidatures et nous avons fait la phase de présélection.

Parmi les personnes que nous avons présélectionnées, il y en a qui ne portent que l’idée. Nous allons leur faire suivre un processus. Ils vont intégrer notre laboratoire et cela prendra peut-être des mois ou des années. Ce sont des choses qui vont aboutir.

La plupart des gens, aussitôt qu’ils ont eu une idée, aussitôt ils l’ont mise en place ; et par conséquent, ils ne prennent pas le soin, en ce moment, de regarder les contours et les difficultés éventuels.

Libreinfo.net : Avez-vous les ressources nécessaires à la réalisation de vos activités ?

T. Roger SAWADOGO: Nous avons, actuellement, une équipe de quatre personnes : nous avons une directrice administrative, un chargé d’affaires et partenariats, une assistante comptable et je suis le directeur général.
En plus de cette équipe, nous avons des conseillers d’investissement et des analystes de crédits.

Nous avons des gens chevronnés dans le milieu bancaire et financier qui nous conseillent. Donc nous avons toutes les ressources, les compétences nécessaires dans ce que nous sommes en train de faire.

Notre plus grand souhait est de réunir le maximum possible de partenaires qui peuvent être des particuliers ou des institutionnels.
Nous encourageons les travailleurs et les fonctionnaires à venir vers SISA AFRIQUE; quand vous avez un million de F.CFA qui dort quelque part, et que vous n’avez pas le temps pour utiliser ce million, nous vous offrons la possibilité d’intégrer notre société.

Vous voyez, ces dernières années de nombreuses personnes sont victimes d’arnaque ; pourquoi ? Parce que les gens s’intéressent à l’investissement. Les gens veulent investir. Mais ils vont investir dans quoi ? Donc tout ce qui se passe à côté a souvent retenu l’attention des gens.

Donc, nous encourageons ces gens à venir vers SISA AFRIQUE. Parce que, pour nous, au lieu de léguer 1 million de F.CFA à son enfant, il vaut mieux lui léguer des parts dans une société prospère. Ce que nous voulons construire c’est une société prospère qui va faire de l’investissement notre levier pour le développement du Burkina.

Nous lançons également un appel à tous ceux qui sont dans la sous-région parce que nous avons déjà une entreprise qui est installée au Tchad ; nous sommes en prospection pour la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi je profite m’adresser à nos frères et sœurs de la diaspora. Vous êtes de la diaspora, vous avez envie d’investir dans votre propre pays et vous n’avez pas quelqu’un sur qui compter, alors vous pouvez compter sur nous.

Soit vous intégrez notre société, soit vous mettez en place votre société et vous nous confiez la gestion de votre société. Nous avons un personnel mobile de redressement de société.

Quand vous avez une société en difficulté ou que vous avez l’impression que les choses ne se passent pas comme vous le souhaitez, alors nous pouvons faire déplacer notre personnel, nous pouvons vous accompagner 3 à 15 mois et redresser la société.

C’est pour dire aux gens de la diaspora que notre société peut vraiment les aider à deux niveaux : soit en les aidant à intégrer notre capital, soit en mettant en œuvre eux-mêmes des entreprises pour que SISA AFRIQUE les accompagne dans la gestion.

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