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Burkina-nutrition : près de 25% de la population burkinabè connait une malnutrition chronique (Ousmane Ouédraogo, nutritionniste)

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Une séance de présentation sur la nutrition. © Libre info

Le ministère de la Santé, à travers le Secrétariat technique en charge de l’alimentation et de la nutrition, STAN, a organisé du 2 au 3 mars 2021, à Ouagadougou un atelier de dissémination de la politique nationale multisectorielle de nutrition, au profit des journalistes. Cet atelier est un plaidoyer du ministère de la Santé pour attirer l’attention des autorités et impliquer plusieurs secteurs dans le processus de la sécurité alimentaire et de l’alimentation saine. Pendant deux jours, les conférenciers ont expliqué aux hommes de média les enjeux et l’importance de la bonne nutrition sur la santé physique et mentale de l’homme.

Par Rama Diallo, stagiaire

L’objectif global de la politique nationale multisectorielle de nutrition (PNMN) est d’améliorer l’état nutritionnel des populations à travers la mise en œuvre d’interventions multisectorielles de nutrition. Les femmes, les enfants et les groupes vulnérables sont les principaux concernés.

Le premier jour de l’atelier a été marqué par la communication du nutritionniste Ousmane Ouédraogo. Il est revenu dans un premier temps sur certaines définitions afin de permettre aux participants une meilleure compréhension de la politique nationale multisectorielle de nutrition. « On parle de sécurité nutritionnelle, lorsque la sécurité alimentaire est associée à un environnement sanitaire satisfaisant. La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont à un moment, accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive, leur permettant de satisfaire leurs besoins et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active », a expliqué Ousmane Ouédraogo.

La malnutrition quant à elle, désigne un état pathologique causé par la déficience ou l’excès d’un ou de plusieurs nutriments essentiels à la croissance normale et au bon fonctionnement de l’organisme. Il y a quatre formes de malnutrition. La malnutrition aiguë, chronique, l’insuffisance pondérale et les carences en micronutriments. Les conséquences de la malnutrition sont entre autres, le retard de croissance, la mortalité infanto-juvénile. De plus, le risque de mourir de maladies infectieuses est multiplié par 1,4 à 1,6. Les grossesses et les accouchements difficiles en sont aussi des conséquences. Selon Céline Zongo, attachée en épidémiologie : « la plupart des maladies sont liées à notre consommation. Les carences en micronutriments comme le fer, la vitamine A et l’iode ont un impact négatif sur les yeux et agissent aussi sur la croissance des enfants. 70% des diarrhées sont liées à la consommation d’aliments contaminés ».

La malnutrition n’est pas seulement liée à l’insécurité alimentaire

L’atelier a été organisé dans un objectif de plaidoyer pour attirer l’attention des populations sur l’importance d’une bonne alimentation. « Actuellement dans les centres de santé nous sensibilisons les femmes sur les bienfaits de l’allaitement maternel surtout celui exclusif, des enfants de 0 à 6 mois. Cela favorise la bonne croissance de l’enfant et le met à l’abri de certaines maladies », insiste l’attachée en épidémiologie. Et Marcellin Ouédraogo, conseiller en politique de sécurité alimentaire et de nutrition d’ajouter : « pour les enfants de plus de 6 mois, il est conseillé de donner de la bouillie, des purées de légumes et viandes car cela favorise également la bonne croissance de l’enfant ».

la malnutrition au Burkina Faso
Les participants à l’atelier suivent la présentation sur la nutrition.

Pour avoir une population en bonne santé, tous les secteurs doivent s’impliquer davantage. Il faut comprendre que la malnutrition n’est pas seulement liée à l’insécurité alimentaire. L’’excès de nutriments dans le corps peut provoquer l’obésité et d’autres maladies.

Issa Ouattara, le communicateur au Secrétariat technique en charge de l’alimentation et de la nutrition, a exhorté les champions de la nutrition qui sont des décideurs, des donateurs, des personnes d’influence, et les agents de la nutrition à se donner la main pour lutter davantage contre la malnutrition.  Le contrôle de la qualité des denrées que nous consommons s’avère indispensable.

Selon les chiffres annoncés par le nutritionniste Ousmane Ouédraogo, 24,9% de la population burkinabè connait une malnutrition chronique et le Sahel est la région la plus touchée. Le pays est également frappé par la malnutrition aiguë qui touche 9,1% de sa population touchée. Les régions les plus touchées par la malnutrition aiguë sont le Sahel (15% de sa population) et la Boucle du Mouhoun (11% de sa population).

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