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[Grand entretien]Aujourd’hui,si les volontaires attaquent,il faut savoir que c’est la cible visée(Maire de Kaya,Boukary Ouédraogo)

Boukary Ouédraogo,Maire de la commune de Kaya
Boukary Ouédraogo,Maire de la commune de Kaya

La commune de Kaya est située à 100 km de la capitale Ouagadougou précisément dans la région du centre nord. Elle est la plus grande commune a abriter les déplacés internes,au moins 472 692 personnes depuis le mois de février 2020,selon le Maire Boukary Ouédraogo. Ces personnes fuient les exactions des groupes armés terroristes dans les villages. Confrontée déjà a de multiples problèmes sociaux,la commune a pris toutes les dispositions nécessaires pour éviter un éventuel cas de covid-19. Dans cet entretien que le Maire Boukary Ouédraogo a accordé à Libreinfo.net,il nous parle de la prévention de covid-19,des déplacés internes,la lutte contre le terrorisme et son appel de soutien aux déplacés internes.

Propos recueillis par Albert Nagreogo,de retour de Kaya

Libreinfo.net (LI) : Monsieur le maire, votre Commune Kaya abrite le plus grand nombre des déplacés internes et nous sommes dans une période de Covid-19. Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour éviter une éventuelle contagion ?

Boukary Ouédraogo(BO) : Pour introduire, je dirai que Kaya n’a pas enregistré de cas de Covid-19 pour le moment ; on remercie Dieu pour cela. Il faut reconnaître que suite à la déclaration du président du Faso sur les mesures barrières et sur les comportements que tout un chacun doit adopter pour éviter la pandémie, au niveau de la Commune de Kaya nous avons pris des mesures. D’abord, nous avons commencé à aller porte à porte au niveau des maquis, des mosquées et des lieux publics pour une sensibilisation. Après la sensibilisation, nous avons rencontré tous les acteurs, les responsables religieux, les tenanciers des débits de boissons et autres pour une sensibilisation directe et pour la prise de décisions ; et unanimement, tout le monde a pris la décision d’aider le gouvernement dans la lutte contre la pandémie par le respect des mesures barrières.

Mais par la suite, avec les événements, nous avons suivi l’actualité relative notamment à la réouverture du marché de Rood-woko. Cela a conduit à la réouverture du marché de Kaya, puis des lieux de culte. Actuellement, les mesures qui sont prises par le comité communal de gestion d’épidémie se rapportent essentiellement à la sécurisation même du marché en veillant au respect des mesures barrières. De concert avec le président des commerçants, nous avons pu identifier les grands axes d’entrée du marché, et nous y avons déposé des dispositifs de lave-mains. Aussi, nous avons recruté des volontaires pour pouvoir sensibiliser et veiller aux respects des mesures. Donc, pour ce qui concerne la Covid-19, je pense qu’au niveau de Kaya, la population a compris et les mesures sont respectées même si ce n’est pas à 100%, nous voyons que c’est à 80% respecté. Déjà, ça nous réjouit,  étant donné que Kaya n’enregistre pas encore de cas. Mais, nous allons redoubler beaucoup d’efforts dans la sensibilisation.

LI : La particularité de votre Commune, c’est qu’elle regorge de nombreux déplacés internes. Quelles sont les mesures préventives que vous avez prises à l’endroit de ces déplacés internes ?

BO : Oui, il faut reconnaître que pour les déplacés internes, il y’a beaucoup plus d’acteurs qui interviennent. Non seulement la Commune en tant que Commune hôte des déplacés, à travers le Conseil municipal et les conseillers pris individuellement s’impliquent dans la gestion des déplacés et aussi le maire en tant que vice-président du CODESUR avec à sa tête le préfet, on s’implique. Et il y’a aussi des organismes internationaux qui interviennent dans la gestion des déplacés comme le HCR (Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés ; Ndlr), l’UNICEF (Fonds des Nations-Unies pour l’enfance, Ndlr), le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement, Ndlr) et des ONG locales comme AVAD, ADIL, ATAD ; ils sont nombreux. Donc avec l’avènement de la Covid-19, toutes ces structures sont alertées et chacune dans sa façon d’intervenir a impliqué maintenant les mesures barrières dans son programme.

Je me dis quand-même, que non seulement au niveau des sites qui hébergent des déplacés les dispositifs de lave-mains sont installés, mais aussi au niveau des sites de distributions des vivres le dispositif de lave-mains est installé. Même dans les zones non loties où il y’a de grandes familles qui occupent certaines zones, c’est installé.  Je peux dire que par la conjugaison des efforts de la Commune, du CODESUR, de l’action sociale et des organismes internationaux, nous arrivons à sensibiliser les déplacés, nous arrivons à mettre à leur disposition tout le matériel nécessaire pour la préservation contre la Covid-19.

LI : Parlons de ces déplacés toujours. A ce jour, combien sont-ils dans la Commune Kaya ?

BO : Il est vrai que depuis février dernier nous n’avons pas encore enregistré des cas de déplacés. Ils arrivent, mais nous avons arrêté l’enregistrement. En février, on était à 472 692 déplacés dans la seule ville de Kaya, non compris les autres villages. Mais, nous voyons quand-même que la forte concentration des déplacés c’est au niveau du centre-ville de Kaya avec pour base les zones périphériques, c’est-à-dire dans les zones non loties.Et pourquoi les zones non-loties ? Parce qu’au départ, on voulait qu’on érige Kaya en un camp de déplacés. J’ai dit non, j’ai demandé à la population de leur manifester une solidarité agissante en leur ouvrant les portes des zones non loties habitées pour les accueillir, chose qui est respectée. Ce que vous voyez, la forte concentration, c’est dans les zones non loties.

LI : Pourquoi vous avez refusé le camp des refugiés ?

BO : D’abord une fois que vous quittez votre village suite à un problème qui vous a traumatisé et que vous vous retrouvez ensemble, chacun va ruminer son problème et ils ne pourront pas enlever ça de leur tête. Parmi eux, il y en a qui ont vu leurs parents tués, leurs maris tués, leurs enfants tués ; et une fois qu’on les laisse ensemble, ils ne font que parler de ça, c’est-à-dire que ça va aggraver toujours.

Moi j’ai demandé à la population d’ouvrir quand-même toutes les portes des non loties et ceux qui ont même des célibaterium ou des habits pour les accueillir ; cela a été entendu. D’où le fait de les recevoir dans les zones non-loties, à proximité avec la population autochtone. Avec ce brassage, ils vont oublier un peu le problème.

LI : Est-ce que les zones non loties abritent les commodités nécessaires pour vivre (l’eau potable, des services de santé, l’éducation) ?

BO : Ah oui ! on remercie Dieu, les organismes internationaux mouillent le maillot pour ça. L’eau potable, l’UNICEF en a fait beaucoup, l’OCADES en a fait beaucoup, le ministère en fait beaucoup, la Commune a beaucoup fait. Je vois quand même avec le nombre, si on va en venir au ratio 300 ou 200 habitants pour un forage, nous allons dire que c’est insuffisant. Mais avec le nombre de forages implantés depuis leur arrivé, on ne peut pas dire qu’on est satisfait, mais on est un peu soulagé même s’il reste encore beaucoup à faire.

LI : Est-ce que vous faites le constat qu’ils retournent dans les villages ?

BO : C’est facile de dire de retourner. Il faut qu’ils retournent. Je vois quand même que ces derniers mois, nos forces de défenses et de sécurité abattent un grand travail sur le terrain. Et nous au niveau local, avec le gouverneur, le haut-commissaire, le préfet et les autorités militaires, on s’est réuni pour réfléchir maintenant aux conditions dans lesquelles on va les aider à repartir. C’est ce qui a prévalu au recrutement des volontaires dans les villages abandonnés.

Je vois que les volontaires sont recrutés, ils sont formés, ils sont dotés en armes, et accompagnés maintenant par des militaires pour qu’ils fassent un nettoyage à grande échelle pour pouvoir permettre à la population de s’intégrer. Parlant d’intégration, nous sommes en train de les sensibiliser pour préparer leur départ. Et on essaye de se préparer, de concert avec l’action sociale et le CODESUR, pour faire les distributions dans les villages d’origines. Des villages entre axe Basarlogho-Kaya qui sont déjà retournés, je veux parler de Kolma, de Nonka, Sango, Fanka, eux ils sont déjà retournés. Nous avons programmé des distributions dans ces villages là pour accompagner leur séjour là-bas.

LI : Vous avez parlé des organismes internationaux. Mais quelle est la part du gouvernement dans cette situation, parce que vous ne parlez plus du gouvernement ?

BO : Il faut savoir que les organismes internationaux ne peuvent pas accéder au Burkina ou à Kaya sans l’aval du gouvernement.

LI : Mais il y’a un ministère de l’action sociale au Burkina

BO : J’allais en venir. Le ministère de l’action sociale est là, voilà qu’il mouille le maillot. Il y’a certaines structures comme le CONASUR avec ses démembrements CORESUR, COPROSUR et CODESUR qui travaillent ; même si réellement, la coordination des actions n’est pas à la hauteur de nos attentes, nous voyons quand même que le gouvernement fait quelques choses pour les déplacés.

Avec l’avènement de la Covid-19, les gens ont tendance à penser qu’on y a tout orienté et qu’on a oublié les déplacés. Non. Tout orienter sur vers la Covid-19 même c’est au profit des déplacés, parce que la Covid-19 c’est une question d’hygiène. Aujourd’hui, si on néglige cette situation nouvelle et on se focalise beaucoup sur les  déplacés et si la maladie intervient en leur sein, ce sera maintenant une hécatombe. C’est pour cela que le gouvernement, dans ces prévisions et dans la protection maintenant  de la population d’une manière générale, a mis l’accent sur la gestion du Covid-19 pour éviter que ça se répande dans tout le Burkina.

LI : Est-ce qu’aujourd’hui vous avez l’impression que la situation des attaques sur le terrain a baissé, ou elle continue ?

BO : Eux (groupes armés, Ndlr) aussi ils ont leur plan, l’armée aussi a son plan. Je me dis qu’au niveau de la région du Centre-nord, l’armée a pris le dessus, parce que ces derniers temps, au niveau de la province du Samentenga, de la région du Centre-nord, c’est vrai qu’on entend des attaques, mais ce n’est plus accentué comme avant.

Actuellement, on apprend quand-même qu’il y a un grand nettoyage qui se fait sur le terrain et là, on le sent même si réellement il y’a pas des publications sur les réseaux sociaux. Nous on n’est pas au stade de publication, de se faire voir, nous voulons quand-même que le terrain soit balayé après maintenant les commentaires vont venir. Nous ne voulons pas des commentaires, on ne peut pas placer les bœufs avant la charrue. On veut simplement un nettoyage général avant que tout le monde constate et en parle. Ce n’est pas de la publicité, ce n’est pas de la propagande. Il faut reconnaitre que la question de sécurité au niveau du Burkina, c’est un secret, il faut laisser l’armée faire son travail.

LI : Est-ce qu’à ce jour, il n’y a pas de village où on ne peut pas aller ?

BO : Oui, les gens craignent d’y aller, mais il faut les sensibiliser. Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas ce village au niveau de la région du Centre-nord et du Burkina qui a été victime du terrorisme et où on n’a pas préparé des volontaires. Il y’a des volontaires formés, il y’a des volontaires équipés en armement. Maintenant, comme la psychose était générale, et elle a perduré, pour amener les gens à repartir, c’est compliqué. Mais on est  en train de travailler sur le terrain avec l’armée et avec les différentes structures qui distribuent les vivres, pour préparer leur retour et la distribution des vivres dans leur village d’origine.

LI : Certains voient les volontaires comme des milices qui créent des hécatombes, qui tuent sans forcément faire la distinction entre ceux qu’on appelle terroristes des gens assimilés, qu’en dites-vous ?

BO : Ce n’est pas vrai. Il est vrai qu’actuellement, il faut savoir que le choix des volontaires, ce n’est pas dans tous les villages du Burkina. C’est dans les villages attaqués ou susceptibles d’être attaqués. Les volontaires sont formés et ils sont encadrés par l’armée. Aujourd’hui, si les volontaires attaquent, il faut savoir que c’est la cible visée.

LI : Est-ce que vous rassurez que la région du centre-nord partant d’abord de votre commune est suffisamment préparée pour accueillir les équipes de l’enrôlement dans le contexte d’insécurité ?

BO : Dans la situation actuelle, avec l’accalmie qui est en train de se poser sur le terrain et si on met tous les moyens possibles, on peut procéder à l’enrôlement et aux élections sans problème. Les gens parlent de déplacés, même le recensement de la population, il y’a certaines zones qui n’ont pas été touchées du fait de l’insécurité. Il faut reconnaitre que c’est la population du Burkina Faso qui est déplacée à l’intérieur du Burkina Faso. Si nous voulons quand-même faire un recensement général de la population, on doit tenir compte de leur déplacement et les recenser là où ils sont pour pouvoir les comptabiliser. C’est la même chose pour les élections, aujourd’hui ils ont quitté leur village pour se retrouver à quelque part au Burkina Faso. Les élections, c’est au Burkina Faso que ça se passe, même si on prône le vote des Burkinabè à l’étranger, ce n’est pas pour autant que ceux qui se sont déplacés à l’intérieur du Burkina on ne peut pas quand-même travailler à ce qu’ils votent. C’est une question de vision, c’est une question de préparation. Une fois que la vision est bonne et on met tous les moyens possibles, on voit quand-même que ça va pas déranger.

LI : Quel est le scenario que vous proposez, parce que la CENI avait mené une étude sous recommandation du gouvernement qui avait proposé au moins plusieurs scénarii en ce qui concerne les déplacés internes. Quelle est votre option aujourd’hui ?

BO : L’option, c’est qu’on les fasse enrôler là où ils sont. C’est possible. Le problème est que tous les déplacés ont perdu leur pièces d’état civil, les actes de naissance, leur carte d’identité.

C’était avant l’élection là de travailler à leur faire rétablir quand-même ces actes d’état civil qui font parties de leur priorité. Je vois quand-même qu’avant, il y a des structures associatives, il y a des structures politiques, qui ont œuvré ensemble pour qu’on établisse gratuitement ou par subvention les pièces d’identité pour non seulement les personnes déplacées internes mais aussi toute la population. Une fois quand même que ces pièces sont établies, je pense qu’on peut programmer l’enrôlement des déplacés de concert avec la CENI.

LI : C’est un message d’espoir que vous donnez tout au long de cet entretien. Ça veut dire qu’il n y a pas de difficultés que vous,  votre commune, votre conseil municipal rencontrez avec les personnes déplacées ?

BO : Il y’a des difficultés. Je vous ai dit que j’ai d’abord refusé qu’on crée un camp de déplacés au niveau de ma commune. Ce qui fait que j’ai sonné à la solidarité pour l’accueil des déplacés. Les gens ont accepté, ils ont ouvert les portes de leur non loti et même leur parcelle, leur construction inhabitée. Déjà, je suis content parce que cela a permis le brassage d’abord. Et aussi avec leur nombre, ils peuvent se retrouver dans une zone non lotie où il y a aucune maisonnette de 12 tôles avec une famille de 60 personnes à 40 personnes ; c’est-à-dire que tout le monde ne peut pas intégrer le bâtiment. Comme c’est la saison sèche, les gens dorment à la belle étoile. Il y a la saison des pluies qui arrive, mais c’est ça la difficulté. Une fois que la pluie tombe dans une cour bien délimitée, chacun avec sa natte ne peut pas dormir là où il veut. La difficulté, c’est ça. Donc, il va falloir qu’on essaie de trouver des abris pour pouvoir accompagner ceux qui sont dans ces zones avec peu de logement. Ça, c’est un problème. Il va falloir maintenant, qu’on essaye d’abord d’identifier un terrain au cas où réellement les organismes internationaux allaient nous venir au secours avec des abris à usage d’habitation pour qu’on puisse les implanter pour eux ; dans le cas contraire, ils vont envahir les salles de classes des écoles et collèges au centre-ville. Une fois que ces milliers de personnes intègrent les salles de classes, je me dis que pour les faire ressortir après la saison des pluies, ce sera compliqué, étant donné que la saison des pluies se prolonge jusqu’en fin octobre et début novembre. En début novembre, des milliers de déplacés qu’on va déménager. Où on va les amener ? Est-ce que réellement on aura un site approprié maintenant pour les abriter ? Le temps que ça va prendre, je crains aussi que l’année prochaine au niveau de la commune de Kaya la rentrée puisse commencer tardivement dans les mois de février-mars. Ce sont là, des difficultés.

LI : Comment vous avez réglé le problème de l’éducation cette année, parce qu’on a vu qu’à la rentrée, il y avait un taux élevé d’élèves qui n’avaient pas encore de place, qui se demandaient où aller s’inscrire ?

BO : Je ne peux pas dire que tous les élèves sont inscrits ; mais la plupart, la grande majorité des élèves ont repris les cours grâce aux concours des organismes internationaux et grâce aux concours de certaines ONG ici. Nous voyons qu’avec l’UNICEF et Plan Burkina, ils ont dû voir les zones de grandes concentrations de déplacés où il y’a beaucoup d’élèves et essayer de construire des classes temporaires et des classes finies pour pouvoir accueillir les élèves des déplacés et certains élèves du centre-ville qui n’avaient pas eu la place. Nous voyons une dizaine d’écoles au centre-ville qui ont connu la réalisation de ces infrastructures. Il y a eu aussi la construction des écoles sous paillotes. En plus de cela, il y a certaines structures religieuses tels les protestants, les catholiques, qui ont ouvert leurs écoles primaires privées au compte des déplacés. Je profite de l’occasion pour remercier ces bonnes volontés qui ont contribué à résoudre ce problème lié à l’éducation des enfants déplacés et à l’éducation d’une manière générale.

LI : Que direz-vous aux déplacés internes ?

BO : Comme dernier mot, je vais demander à tous les déplacés qui sont prêts pour rentrer, d’être prêts parce que nous sommes en train de faire un grand travail pour qu’ils retournent. Le jour où on va sonner le retour, qu’il n’y ait pas de réticence. On va tout préparer. Il est vrai que maintenant, il y a certains qui rejoignent pour aller préparer la saison des pluies, et on est toujours auprès d’eux pour les accompagner pour leur retour. Actuellement, sur les réseaux sociaux et un peu partout on parle du manque d’alimentation pour ces derniers, on œuvre à ce qu’ils gagnent à manger mais le plus urgent c’est de travailler avec la sécurité pour leur retour parce qu’on ne peut pas passer toute une éternité à nourrir des milliers, des centaines de milliers de déplacés même si on a les moyens, par la suite on va se décourager. Même si actuellement la population est accueillante, la population va se décourager et étant donné qu’il y a des familles hôtes qui se sont appauvries, qui sont devenues vulnérables parce qu’elles ont passé toute leur vie à soutenir les déplacés. Je vais demander à l’Etat de voir dans quelle mesure, on peut par la suite, soutenir ces populations hôtes qui ont accueilli les déplacés et qui se sont appauvries, qui sont devenues misérables en vivres et aussi avec certaines activités pour pouvoir se retrouver.

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