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Vivre ensemble: la coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale mène la sensibilisation à Kaya(Centre nord)

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Une vue des participants dans la salle de conférence du conseil régional à Kaya

La caravane de la coalition Jam pour la paix et la cohésion sociale a séjourné samedi 16 janvier à Kaya, chef-lieu de la région du Centre Nord. Comme à l’accoutumée, elle a tenu un forum au conseil régional. Le forum a connu la participation des autorités administratives, coutumières et religieuses avec pour thème : « rôles et responsabilités des leaders d’opinion dans la quête de la paix et de la cohésion sociale ».

 

Par Étienne Sanon, de retour de Kaya

Kaya, chef-lieu de la région du Centre nord est l’une des principales villes du Burkina qui abrite des milliers de déplacés internes suite aux différents conflits enregistrés dans la région ces dernières années. Selon des sources locales en décembre 2020, l’on évoquait plus de 320 000 personnes déplacées internes, soit trois fois le nombre de la population en temps normal. C’est une région fortement éprouvée par les attaques terroristes et les conflits communautaires.

C’est dans ce contexte difficile que la coalition Jam arrive dans cette ville pour la promotion de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale. Arrivée samedi dernier à Kaya, la forte délégation des chefs coutumiers, religieuses et leaders d’opinion a organisé son forum dans la salle du conseil régional du Centre nord. C’est une salle archicomble qui a servi de lieu de rencontre. Les responsables coutumiers et religieux ont prié et fait des bénédictions au début du forum, pour le retour de la paix et de la stabilité au Burkina Faso.

“Les leaders d’opinion sont de puissants moyens de communication et d’éducation capable d’apporter le changement comportemental”

A l’entame de cette rencontre à Kaya, le Président de la coalition Jam, El Hadj Moussa Cissé a rappelé que cela fait au moins un mois que la caravane sillonne le Burkina Faso. Selon le président, la raison de la mobilisation des leaders d’opinion est simple :« les leaders d’opinion sont de puissants moyens de communication et d’éducation capable d’apporter le changement comportemental dans leurs milieux, mieux que les médias. ». C’est pour cela qu’il les a invités à être des ambassadeurs de la paix et la cohésion sociale dans leur localité respective. Il souhaite par ailleurs que « 2021 soit l’année du retour à la paix et au vivre-ensemble, que toutes ces personnes qui ont été contraintes de quitter leurs localités, repartent sans délai chez elles… ».

Auguste Kinda, Haut-Commissaire du Sanmatenga pense que les personnes ressources qui ont été conviées à ce forum sont à même « d’apporter leurs idées pour que le Burkina Faso puisse retrouver sa paix d’antan. ». Une paix qui « est un vœu cher pour toutes les nations, qui ne ménagent aucun effort pour l’obtenir et est surtout le fruit des efforts conjugués de tout le monde sans exception. »

Selon Boukaré Ouédraogo, maire de Kaya, l’initiative de la coalition Jam est à saluer car la paix et la cohésion sociale sont : « des préoccupations majeures pour les burkinabè », Adama Sawadogo, président du conseil régional du Centre Nord renchéri :« l’initiative de la coalition Jam est très bonne, compte tenue de ce qu’on a vécu dans la région. ». Il exhorte donc chaque partie (populations, autorités) « à jouer sa partition pour le maintien de la paix. ». L’Imam Djoni Talouta, participant et responsable de la communauté musulmane de Fada N’Gourma ajoute que la paix est « un impératif pour tout développement », pour la conserver, il faut accepter trois éléments, selon lui. Il s’agit du respect de chacun dans sa différence, le respect de la liberté de culte et de croyance enfin la tolérance, foi de l’Imam Talouta.

Lire aussi: Cohésion sociale: la coalition Jam pour la paix prône le vivre-ensemble et le dialogue à Dédougou (Boucle du Mouhoun)

Ce forum tenu à Kaya, à l’image du précédent à Dédougou dans la région de la boucle du Mouhoun le 9 janvier dernier, a été ponctué d’échanges et de travaux en ateliers. Au terme de ces travaux, les participants ont exhorté les populations à surtout éviter la stigmatisation, le complexe de supériorité et le repli identitaire. Ils invitent les burkinabè à se pardonner, à aller à la réconciliation, promouvoir le dialogue interreligieux enfin toujours privilégier le dialogue dans le traitement de leurs différends. « Aujourd’hui plus que jamais, il est très nécessaire que toute action pouvant nous conduire vers la paix soit menée et accompagnée, surtout par la jeunesse », pense Mohamadi Sawadogo, participant à ce forum. Sidiki Diandé, pour une première participation à ce genre de forum, trouve cette initiative salutaire et exhorte la population burkinabè à la tolérance et la compréhension pour la consolidation de la paix.

Aux burkinabè qui ont pris les armes contre leur propre pays, les participants les ont invités à déposer les armes et privilégier le dialogue, de respecter la sacralité de la vie humaine et promouvoir la tolérance et la non-violence. Quant aux autorités burkinabè, les participants demandent de créer des cadres de concertation dans toutes les localités et les doter en moyens de moyens de fonctionnement. Encadrer l’enseignement coranique, franco arabe, combattre l’analphabétisme et l’ignorance religieuse, notamment. En outre, il faut promouvoir les mécanismes traditionnels de résolution des conflits et valoriser le statut des chefs coutumiers et des leaders religieux. A tout cela s’ajoute un contrôle rigoureux de l’acquisition et de la circulation des armes à feu puis des munitions.

Parcourir le territoire national pour diffuser des messages de paix et de cohésion sociale n’est pas sans intérêt, selon Naba Diebado de Fada N’Gourma, membre de la coalition Jam : « Aujourd’hui nous avons besoin plus que jamais de cette paix, nous avons besoin plus que jamais d’être ensemble », estime-t-il. La caravane de la coalition Jam mettra le cap le 23 janvier 2021, sur Bobo-Dioulasso, sa 6ème étape, pour toujours faire la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

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