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Covid-19 : « Il y a trois numéros gratuits au niveau de la Commune de Ziniaré », selon le maire Pascal Compaoré

La Commune de Ziniaré fait partie des municipalités touchées par la pandémie du Covid-19.  En effet, elle a enregistré le 30 mars dernier, cinq cas confirmés de contamination au coronavirus. Mais à en croire le maire de la Commune, Pascal Compaoré, tous ces cas sont guéris. C’est du moins, ce qu’il a confié à Libreinfo.net dans le cadre du présent entretien. Dans cet entretien, le maire Compaoré parle aussi du dispositif local mis en place et la stratégie déployée pour prévenir et contrer la propagation de la maladie à l’échelle communale.                                           

Propos recueillis par Lassane Ouédrago

Libreinfo(LI) : Comment aviez-vous accueilli la nouvelle sur les premiers cas confirmés au coronavirus dans votre Commune ?

Pascal Compaoré (PC) : Je voudrais commencer par dire merci à Libreinfo.net pour cette marque de considération à l’endroit de notre Commune. Effectivement, je peux dire que la Commune a été frappée de plein fouet le 30 mars 2020.Il faut dire que, nous avions été tous peinés de savoir que notre Commune a été touchée.

Néanmoins il faut dire, compte tenu de la proximité de notre Commune de Ouagadougou où les cas de contamination à la maladie se multipliaient alors qu’il y a une forte mobilité de populations entre les deux localités, qu’on savait plus ou moins que des cas allaient être signalés chez nous. Mais comme on le dit, tomber c’est humain mais se relever c’est divin. Donc, avec l’accompagnement de tout un chacun, on a mis en place un certain nombre d’activités qui nous ont permis de relever le défi.

Li : Comment avez-vous géré ces premiers cas de contamination dans votre Commune ?

PC : Il faut dire que c’était vers 17h le 30 mars dernier, qu’on a eu l’information relative à ces cas. Nous avions de facto, le même jour, vers 18 heures, convoqué les leaders d’association pour qu’ensemble nous réfléchissions sur ce qu’il convenait de faire rapidement, pour qu’on puisse juguler ce problème.

Ainsi avec les OSC, on a mis rapidement en place un certain nombre de dispositifs à savoir, des sensibilisations dans les artères de la ville de Ziniaré, et des sensibilisations grand public avec du matériel de sonorisation mobile pour faire le tour de la ville afin d’informer les populations et de les appeler au respect des mesures d’hygiène.

Donc voilà, ce qui a été fait. C’est à l’issue de cela que nous avons mis en place une cellule pour réfléchir de façon formelle et méthodique, à la stratégie de lutte à adopter.

Li : Alors, comment vont ces cinq cas de malades du Covid-19 ?

PC : Il faut savoir que dès que ces cas ont été confirmés, ils ont été conduits à Ouagadougou et répartis entre l’hôpital de Tengandogo et la clinique ‘’Les Genêts’’. Ils sont restés là-bas jusqu’à leur guérison.

A leur retour, ils ont à passer deux semaines en auto-confinement avant de sortir. Déjà, j’ai l’information que leur santé évolue bien. Je peux donc dire qu’au stade actuel, ces cinq cas sont guéris et ils suivent leur convalescence. Et avec la cellule communale de gestion de la pandémie, nous nous sommes dit qu’après les 14 jours de confinement, nous irons leur manifester notre solidarité.

Li : Au niveau national, le plan de riposte est beaucoup décrié. Au niveau de Ziniaré, sur quoi avez-vous bâti votre plan communal de riposte ?

PC : Il faut savoir qu’il y a un décret qui décline la composition des cellules communales de riposte. A notre niveau, nous avions essayé de bâtir notre plan de riposte sur la base du plan national.

Mais il faut aussi savoir que la collectivité est autonome ; donc, pour la vision locale qui peut être dégagée du plan national de riposte, c’est le maire qui décide. Dans ce sens, nous avions décidé de mettre notre cellule en place, avec des personnes ressources disponibles sur place pour faire le travail nécessaire. C’est pour vous dire que l’organisation pour la riposte, elle est interne, elle est plus communale.

Il faut également savoir que nous sommes dans une Commune urbaine avec plusieurs réalités et composantes. Vous voyez, des OSC, des religieux, des acteurs de la santé, etc. sont là. Il fallait tenir compte de tous ces paramètres pour mettre en place cette cellule.  Donc, nous ne fonctionnons pas à l’image de Ouagadougou avec un coordonnateur et sa suite. C’est le maire qui est le président et nous réfléchissons ensemble sur qu’est-ce que nous pouvons faire avec l’accompagnement des techniciens.

Li : Justement avec les techniciens, quelles sont les actions concrètes qui ont été posées sur le terrain ?

PC : Alors, il faut dire qu’au niveau du district sanitaire, il y a une équipe d’intervention rapide. Cette équipe d’intervention rapide a trois rôles. Le premier rôle, c’est d’investiguer pour voir s’il y a des cas suspects. Le deuxième rôle, c’est de faire des prélèvements de ces cas suspects. Et le troisième rôle, c’est d’acheminer les prélèvements au niveau de Ouagadougou pour le test. Donc voilà les rôles de cette équipe.

La Commune travaille en tandem avec cette quipe d’intervention rapide à trois niveaux. Le premier, en amont ; c’est-à-dire, qu’il faut déjà préparer les zones où il convient d’intervenir. Sinon, on voit parfois dès lors que l’équipe d’intervention passe, il y a une certaine marginalisation du domicile visité. Donc, il faut travailler à sensibiliser les populations. Deuxièmement, il faudra accompagner l’équipe de désinfection pour qu’on puisse désinfecter. Dans ce sens, nous avons une équipe d’action sociale qui appuie les psychologues au sein de cette équipe d’intervention rapide. Et troisièmement, c’est de travailler à suivre les cas confinés pour les accompagner socialement, avec le peu de matériel que nous avons pour qu’ils puissent subvenir à leur besoin. Voilà, ce qui est fait sur le terrain.

Li : Libreinfo.net a révélé en mi-avril, des cas d’isolement dans la Commune de Nagréongo relevant du district sanitaire de Ziniaré. Il s’agissait de seize personnes qui avaient été mises en quarantaine dans une école, sans le moindre accompagnement. Quelles sont leurs dernières nouvelles ?

PC : Là-dessus, permettez que je ne dise pas un mot, parce que chaque Commune est autonome. La Commune de Nagréongo a son maire qui est plus habilité à en parler.

Li : Comment se font le diagnostic et la prise en charge des cas positifs du Covid-19 ici dans la Commune ?

PC : En plus du numéro 3535 qui couvre le territoire national à Ouaga, il y a trois numéros gratuits au niveau de la Commune de Ziniaré. Ces numéros sont : 58 41 79 29 ; 60 82 84 29 ; 54 95 86 60. En cas d’appels sur l’un quelconque de ces numéros, l’équipe d’intervention rapide se déploie sur le terrain pour l’investigation. Si l’investigation révèle que l’appelant présente les signes d’un cas suspect, il est soumis au prélèvement. Aussitôt après le prélèvement, on désinfecte le domicile de la personne et on amène le prélèvement au CORUS (Centre des opérations de réponses aux urgences sanitaires, Ndlr) à Ouaga pour le test. Puis, la mairie, la croix rouge et l’Action sociale font le suivi et au niveau des cas contacts pour le suivi de la température.

Li : Au niveau de la Commune de Ziniaré, y a-t-il eu des mesures sociales à l’endroit des personnes vulnérables comme on en a vues un peu partout ?

PC : Au niveau local, il faut souligner qu’il y a eu la suspension des sessions du Conseil municipal. Ce qui ne permet pas de réajuster le budget communal pour tenir compte des nouvelles données.

Mais nous avons fait appel à des bonnes volontés pour qu’ils puissent nous accompagner. Et tout ce que nous avons pu avoir auprès de ces bonnes volontés, nous les avons orientés vers les personnes effectivement vulnérables et les déplacées.

Li : On se souvient que vous aviez procédé à la réouverture du marché central le 29 avril passé. Quelles ont étés les mesures prises pour renforcer les gestes-barrières contre le Covid-19, quand on sait que la ville n’est pas à l’abri de nouvelles contaminations ?

PC : Nous avons mis en place un comité de gestion du marché. Ce comité est composé d’un service technique et des commerçants qui mettent en place les dispositifs de mesures barrières.

La première mesure qui a été prise, est le port obligatoire du masque. La deuxième, c’est le dispositif de lave mains. La troisième, c’est la ronde, c’est-à-dire, le passage de la sécurité pour surveiller et voir qu’est ce qui peut être fait pour renforcer le respect de l’ensemble des mesures barrières.

Et il y a aussi le Conseil régional qui passera pour des sensibilisations. La cellule communale aussi va passer dans les marchés, lors de cinq marchés successifs. Cependant, je rappelle que la prise de conscience par rapport à la pandémie doit être individuelle avant d’être collective.

Après l’ouverture des marchés, comment comptez-vous aider les acteurs du commerce à relancer l’économie au niveau de la Commune ?

PC : Il faut dire que c’est difficile d’annoncer des mesures d’accompagnement, parce que comme vous le savez, la fermeture des marchés est intervenue à la suite d’une décision prise au niveau national. Et au niveau local, il y eu la suspension des sessions du conseil municipal. Il  était un peu difficile de réajuster le budget communal pour tenir compte des nouvelles données.

Mais au niveau marché central, il y a le comité de gestion qui est là. Nous sommes en train de voir comment faire pour l’accompagner. Est-ce qu’il faudra déroger aux frais de loyers ? Comme cette question, il y a bien d’autres questions autour desquelles nous devons mener la réflexion ensemble.

Li : Votre dernier mot…

PC : Je voudrais demander à la population de savoir que la maladie existe réellement. Ensuite, je voudrais demander aux bonnes volontés de bien vouloir se manifester parce que la population souffre véritablement avec les mesures  restrictives de libertés.

J’en appelle également à l’Etat de se souvenir de la Commune de Ziniaré, parce qu’elle n’a pas encore reçu de soutien du niveau national dans ce contexte difficile de lutte contre le Covid-19 alors qu’elle a enregistré des cas positifs.

Je demande aux populations d’être solidaires et d’accepter les mesures barrières. Que Dieu accorde la paix au Burkina Faso, et surtout un bon mois de Ramadan à tous les musulmans !

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