Accueil Santé Rupture de médicaments à la CAMEG, des patients en veulent au gouvernement

Rupture de médicaments à la CAMEG, des patients en veulent au gouvernement

La direction commerciale de la Centrale d’achat de médicaments essentiels générique (CAMEG) /libreinfo.net

La direction commerciale de la Centrale d’achat de médicaments essentiels génériques (CAMEG) est confrontée depuis plusieurs semaines à une rupture de produits. C’est le constat fait mercredi 23 septembre par Libreinfo.net  au centre Trypano de Ouagadougou.

Par Tatiana Kaboré, stagiaire

C’est une longue file d’attente qui s’est dressée devant le dépôt pharmaceutique de l’agence commerciale de la Cameg sise au centre Trypano, non loin de l’hôpital Yalgado Ouédraogo. Au-delà du rang, d’autres patients assis sur les escaliers et sous les arbres, attendent d’être servis. « Je suis là depuis 6 heures 30, mais ce n’est pas sûr que j’ai mes produits », lance désespérément une jeune dame assise sous l’arbre, la tête baissée.

Des listes par ordre d’arrivée sont dressées. Au guichet, l’unique d’ailleurs, les gérants procèdent par appels pour servir les produits. Il y a de cela des semaines témoignent certains, et plusieurs mois selon d’autres, que les produits contre l’hépatite, la tension, etc., sont en manque.

Avoir ces produits, relève d’un parcours de combattant, selon plusieurs témoignages à Libre info. Nos tentatives de rencontrer les responsables de l’agence commerciale pour connaître les raisons de cette rupture de produits et bien d’autres informations, sont restées infructueuses.

Pendant ce temps, des patients ploient sous le désespoir du fait de plusieurs déplacements sur les lieux sans obtenir les produits.

« Je viens du secteur 42 de Ouagadougou (Bendogo). Ça fait la cinquième fois aujourd’hui, que je viens pour mes produits. J’ai enfin eu le produit mais au lieu de six boîtes, j’en ai obtenu qu’une seule. », se réjouit néanmoins Habibou Kaboré. Elle compte se revenir dans les jours à venir pour avoir le reste de ses produits car « le médecin nous a dit de suivre le traitement sans interruption. Qu’est-ce qu’on fera s’ils nous servent seulement une seule boîte ? », s’est-elle retombée dans la tristesse. Elle interpelle le gouvernement à rendre disponible les produits.

« Le gouvernement joue avec la vie des gens. Il n’y a pas de sérieux », martèle de loin Augustin Drabo, qui fait mouvement vers nous, pour exprimer sa déception. La vie des patients est en danger du fait du manque des produits, a-t-il continué à se plaindre.

Salifou Sana, sachet noir en main,intercepté au parking de la Cameg, nous confie qu’il est venu aussi chercherdes produits pour son oncle vivant à Koudougou. « Moi, je suis venu de Karpala pour acheter le produit Tenofovir pour mon oncle à Koudougou. Cela fait plusieurs semaines qu’on vient mais rien. »

Pour réduire les dépenses liées à ce que les clients qualifient de ‘’déplacements inutiles’’, certains patients (clients) trouvent des astuces pouvant leur permettre d’économiser en carburant et d’éviter les risques liés aux déplacements. « On était obligé de prendre le numéro du vigile pour l’appeler de temps en temps pour voir si le produit est disponible ou pas. Ce matin, j’ai eu le produit mais le problème c’est que c’est une boite qu’on donne, on n’en donne pas plus », explique M. Sana.

Modeste Traoré, est venu du quartier Panzani de Ouagadougou. Il est à son 4e jour de quête des produits pour son mal. Il se plaint surtout de la distance et des dépenses journalières pour se rendre à l’agence commerciale de la Cameg. « Je dépense 1500 FCFA par jour pour mon carburant en l’aller-retour », s’est-il plaint avant d’ajouter « le problème persiste bien que le produit soit disponible aujourd’hui, parce que les patients n’arrivent pas à avoir les quantités qu’ils veulent. Quand vous en voulez deux à trois boites, c’est tout un problème. On vous dit que le produit est en manque pourtant la boite c’est juste pour un mois. »

Pour résoudre ce problème, Aziz Louré venu du quartier Nonsin de Ouagadougou, recommande la décentralisation des centres de dépôt à travers le pays. Les autorités sanitaires doivent travailler à rendre disponible le produit dans les grandes pharmacies de la capitale mais aussi dans les autres régions, ne serait-ce que dans les chefs-lieux « C’est très compliqué d’avoir accès aux produits. J’aimerais que le produit soit décentralisé pour qu’on puisse en avoir dans les différentes pharmacies. », suggère-t-il.

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