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Procès Thomas Sankara : En Côte d’Ivoire, Burkinabè et Ivoiriens donnent leurs avis après le verdict

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Le procès de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons a atteint son apogé ,le mercredi 6 avril 2022. Le Tribunal militaire de Ouagadougou a prononcé le verdict , plusieurs personnes ont été condamnées dans cette affaire. L’ex président Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré ont été condamnés à la prison à vie, pour leur participation dans l’assassinat du père de la révolution burkinabè. Au lendemain du procès ,dans les rues du département de Taï en Côte d’Ivoire , Burkinabè et Ivoiriens n’ont pas manqué de donner leurs appréciations sur cette décision de justice.

 

Propos recueillis par André-Martin Bado, depuis Taï en Côte d’Ivoire

La fin d’un procès historique , après six mois d’audience, le Tribunal militaire de Ouagadougou a donné son verdict dans l’assassinat Thomas Sankara. L’ex président ,Blaise Compaoré, en exil depuis huit ans en Côte d’Ivoire, a été jugé par contumace et condamné à perpétuité , ainsi que Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré.

A l’annonce du verdict , des cris de joie et des applaudissements des familles des victimes ont résonné dans la salle d’audience à Ouagadougou.

Si la nouvelle a réjoui le cœur de plusieurs personnes au Burkina, en Côte d’Ivoire elle a suscité des débats au sein de la population de la ville Taï, localité située à l’Ouest du pays.

Germain Koffi , Ivoirien , pense que ce procès a été fait pour soulager les familles victimes du coup d’État de 15 octobre 1987. De son avis, cette décision de justice sera difficile à être appliquée vu que, Blaise Compaoré ,le principal accusé, vit en Côte d’Ivoire depuis 2014.

Pour lui, la Côte d’Ivoire ne va pas extrader l’ex président à cause de ses relations qu’il entretient avec les autorités ivoiriennes. « Je pense que Blaise Compaoré est bien protégé ici en Côte d’Ivoire. Il entretient une solide amitié avec le chef de l’État Alassane Ouattara , qu’il a soutenu dans sa conquête du pouvoir en 2010. Vu ces rapports qu’il a avec les autorités, je ne crois pas qu’il puisse être livré à la justice burkinabè. En plus de ça ,l’ex président burkinabè à la nationalité ivoirienne et la Côte d’Ivoire n’acceptera pas l’extrader  ».

Selon Nadiman Koné, Ivoirien, ce procès n’était pas la solution au Burkina Faso dans le processus de réconciliation. M.Koné trouve que ce procès n’a pas été équitable. « Moi je pense que ce procès n’a pas été équitable. Toute la vérité n’est pas sortie on a pas entendu ,l’implication de la France et de certains pays voisins du Burkina Faso, dans l’assassinat de Thomas Sankara. Pourtant nous, nous savons qu’il y a bien eu des complices à l’extérieur, je pense que le procès a été bâclé.»

Comme explication, Nadiman Koné dit que le chef de l’État burkinabè actuel devait surseoir au procès. « Moi je pense que  c’est une personne élue démocratiquement qui a le droit de faire toute la lumière sur les dossiers de crimes.Mais ce n’est pas le cas chez Damiba. Nous savons tous qu’il est venu par un coup d’État . S’il faut juger les putschs, Damiba doit être aussi jugé».

 «Il nous faut une solution à la rwandaise» 

Ousseni Zongo, Burkinabè, pense que le procès a lieu, c’est chose normale parce que les responsabilités ont été situées.

Après le verdict ,M. Zongo dit qu’il faut passer à l’étape de la réconciliation. 

Procès Thomas Sankara
Ousséni Zongo, Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire

Comme solution, il trouve que les autorités burkinabè doivent être indulgentes en donnant l’amnistie aux condamnés. «Je pense que si nous voulons la paix, il faut libérer tous les prisonniers et faire revenir les exilés notamment Blaise Compaoré sans faire des règlements de compte. Nous devons tous les pardonner ce sont des Burkinabè, ils peuvent contribuer à lutter contre le terrorisme. Il faut une solution à la rwandaise. Vous savez,  malgré le génocide, les Rwandais sont arrivés à se pardonner et à vivre ensemble. Aujourd’hui le Rwanda est l’un des pays les plus développés d’Afrique. Je pense que nous n’avons même  pas vécu le quart du conflit rwandais donc il n’est pas impossible de nous pardonner.»

Quant à Hamidou Ouédraogo, Burkinabè, condamner Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré n’est pas la solution. 

Procès Thomas Sankara
Hamidou Ouédraogo, Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire

Pour lui, la priorité du Burkina Faso c’est la sécurité de son territoire et à cet effet, les nouvelles autorités doivent prôner la réconciliation.« C’est vrai que la mort de Thomas Sankara a été une perte pour le Burkina Faso voir même pour l’Afrique c’est un fait, mais il y a plus que ça. Il faut impliquer toutes les filles et les fils du pays dans cette lutte pour permettre aux déplacés de rejoindre leurs localités.»

M. Ouédraogo invite les Burkinabè à pardonner l’ex président Blaise Compaoré, pour lui permettre de rentrer dans son pays. «Nous devons nous pardonner. les faits sont réels nous savons tous que c’est Blaise qui est à la base de l’assassinat de Thomas Sankara mais nous devons le pardonner ,si le papa de Thomas Sankara a pu pardonner  Blaise, ce n’est pas nous qui n’allons pas pouvoir le faire. Je pense que l’avenir de ce pays dépend de nous. »

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