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Burkina Faso: «on a perdu les trois-quarts de la région de l’Est», Mahamoudou Sawadogo,Chercheur

la région de l’Est

Le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR), au cours de sa rencontre mensuelle, le dimanche 16 mai 2021 à Ouagadougou, a abordé la thématique de la «politique de sécurité nationale : défis et perspectives». L’objectif de ce panel est de contribuer à une appropriation des défis de la sécurité ainsi que les attentes vis-à-vis de la population à la fois bénéficiaire et actrice suivant le paradigme de la sécurité.

Par André-Martin Bado

La gouvernance du secteur de la sécurité au Burkina est devenue depuis quelques années un sujet de recherche et une problématique centrale pour l’Etat et la société civile. Le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR), dans le cadre de ses activités mensuelles, a organisé un panel, pour réfléchir sur la politique de la sécurité nationale (PSN).

De manière spécifique, il s’agit de présenter la nouvelle conception de la sécurité engagée par les autorités à travers de la PSN, exposer les contraintes liées à l’écriture de la PSN, mettre en évidence la contribution des citoyens à leur propre sécurité, évaluer les chances d’une mutualisation effective entre les forces publiques et les citoyens dans la lutte contre l’insécurité.

Au cours de la cérémonie, des spécialistes sur les questions de défense et de sécurité se sont prononcés sur les problèmes, les enjeux et les stratégies de la sécurité nationale, sous régionale et internationale.

Pour  la Dr Fati Sampala/ Balima, enseignante-chercheuse en sciences politiques à l’Université Thomas Sankara, la raison principale de l’insécurité au Burkina est l’effondrement des systèmes de gouvernance, dû pour une large part au favoritisme et à l’utilisation abusive des instruments gouvernementaux de coercition afin d’ancrer l’exclusion politique et sociale.

La panéliste trouve aussi que le problème du terrorisme est justifié par l’absence de l’Etat dans les zones et le manque d’infrastructures dans le domaine de la santé et de l’enseignement. Elle ajoute qu’au-delà de l’absence de l’administration, les populations sont confrontées aux raquettes.

Mahamoudou Sawadogo, ancien gendarme et expert en sécurité, a informé qu’en 2019, 1029 incidents ont touché une trentaine de provinces au Burkina Faso. Des incidents qui ont fait plusieurs milliers de victimes.

Pour lui, l’opération Otapuanu dans l’Est a failli parce qu’il n’y a pas eu une bonne préparation et  les pays voisins qui sont le Togo, le Bénin et le Niger n’ont pas été impliqués dans la lutte. « Ce qui fait que pendant l’opération, les terroristes se sont refugiés dans ces pays-là. Et après l’opération, ils sont revenus en force. La preuve en est qu’on enregistre plus de 300 incidents et on a perdu les trois-quarts de la région de l’Est. Ce qui veux dire que l’opération n’a pas permis de stabiliser, au contraire, cela a permis une progression plus rapide et plus pernicieuse des  groupes terroristes » affirme-t-il.

Les groupes terroristes s’enrichissent  par  les prises d’otages, le blanchiment d’argent, le développement des trafics de drogues et des pierres précieuses ainsi que la cybercriminalité.

En termes de perspectives, le colonel-major  Barthélemy Simporé a fait savoir que les défis sécuritaires justifient le besoin d’une gestion plus transparente, responsable et participative du secteur. C’est ainsi que le Gouvernement a décidé, depuis la tenue du forum national de sécurité en 2017, la mise en place d’une commission devant écrire une politique nationale de sécurité.

Cette politique a pour objectif de défendre l’intégrité du territoire nationale, protéger les burkinabè et leurs biens à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Elle vise à protéger l’économie nationale et l’environnement contre toutes les formes  de menaces. De même, préserver la cohésion sociale et  promouvoir la coopération régionale et internationale.

Le SEPAFAR est une structure de l’Archidiocèse de Ouagadougou mise en place en 2012 par les responsables et décideurs catholiques. Il constitue un cadre de réflexion, de concertation et d’action pour tous les décideurs et acteurs à tous les niveaux de la société en leur offrant les moyens intellectuels et éthiques indispensables pour comprendre, analyser, corriger et anticiper.

Sa principale mission est de former l’élite intellectuelle en la dotant de compétences lui permettant de rendre témoignage de sa Foi au Christ et d’être le sel et la lumière dans le monde.

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