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Burkina Faso : la rareté et la cherté de l’huile alimentaire inquiètent les consommateurs

Burkina huile alimentaire rare
L'huile alimentaire devient rare et cher au Burkina Faso

L’huile alimentaire qui fait partie des principaux produits consommés au Burkina Faso se fait rare et cher sur le marché depuis un certain temps. Comment expliquer la rareté de ce produit à grande consommation sur le marché? Éléments de réponse dans ce reportage de Libreinfo.net réalisé dans plusieurs secteurs de la ville de Ouagadougou.

 

Par André-Martin Bado

L’huile n’est plus facilement accessible sur le marché, et cela inquiète les consommateurs. Justine Sanfo, ménagère au quartier Zogona, explique que depuis quelques jours, elle cherche un litre de bidon d’huile, mais n’en trouve pas.

« C’est des produits qui ne doivent pas manquer parce qu’on a toujours besoin de ça », dit-elle, regrettant que même quand on finit par trouver l’huile, elle coûte cher. Mme Sanfo a déploré aussi la mauvaise qualité de l’huile. « Presque toutes les huiles qui sont sur nos marchés sont d’une mauvaise qualité. Mais on nous flatte souvent. Tu vois bien sur le bidon que c’est une marque d’huile que tu connais mais à l’intérieur c’est autre chose. Faut que l’Etat soit regardant sur la qualité de nos produits » a-t-elle interpellé.

Elle invite le gouvernement à prendre toutes les dispositions pour que ces produits de grandes consommations soient accessibles sur le marché et à moindre coût. 

Les commerçants craignent le pire

Marie Zongo, vendeuse de galettes se dit aussi mécontente. « Il n y a pas d’huile sur le marché et c’est très dur » a-t-elle dit. De l’avis de Mme Zongo, le manque d’huile sur le marché et sa cherté font que la population consomme de l’huile prohibée. « Le manque d’huile a fait que j’ai été victime de la mauvaise qualité et j’ai eu des problèmes avec certains clients, il a fallu que j’arrête l’utilisation et ça été une perte pour moi. Je n’ai pas le choix si je veux avoir la confiance de mes clients », regrette-t-elle.

Alexandre Tapsoba, restaurateur, confie que l’huile a véritablement augmenté en prix. Le bidon d’un litre d’huile coûte 1200 francs pourtant avant il était à 750 francs, le bidon de 5 litres est monté à 6 000 francs. Il y a 4 mois, il coûtait 4750 francs. Quant au bidon de 20 litres, il est passé de 16 000 à 22 000 francs. « Qu’est ce qui explique la rareté de l’huile sur le marché? Est que c’est parce que c’est rare que ça doit être cher? Je pense que le gouvernement doit expliquer la situation et trouver des solutions », dit M. Tapsoba.

Quant aux commerçants détaillants, ils disent que les difficultés d’accès de l’huile végétale joue sur les coûts. Paulin Malboné, commerçant rencontré au grand marché de Ouagadougou alors qu’il était venu se ravitailler en denrées alimentaires, explique que les commerçants n’ont pas le choix que de subir la pression de la population. « Sur le terrain c’est nous qui souffrons avec les clients. Certains pensent que c’est nous les commerçants qui faisons une simulation de pénurie pour augmenter les prix. Pourtant nous-mêmes, nous ne savons pas d’où vient le problème » s’est-il défendu.

Les distributeurs tentent de s’expliquer     

Pour protéger les producteurs locaux de la mévente, le gouvernement a pris des mesures pour limiter l’importation de l’huile végétale, explique Ibrahim Ouédraogo, responsable d’une société de distribution d’huile alimentaire.

Selon M. Ouédraogo c’est cette politique du gouvernement qui a entrainé cette situation. Vu que les Burkinabè consomment plus de 100 000 tonnes d’huile alimentaire l’année. Alors que le pays n’en produit que 30 000 tonnes. Avec ces statistiques, dit-il, cela se fait ressentir au niveau du marché.

« Actuellement nous n’avons pas d’huile, parce que l’usine de reconditionnement de l’huile de palme n’arrive plus à nous fournir. Cela est dû à cette mesure qui ne permet pas à cette société de mieux gérer les stocks en cas de besoin » explique, Ibrahim Ouédraogo. Pour lui, le ministère du Commerce doit initier des rencontres avec tous les acteurs pour pallier à cette situation.

Lire aussi: Vie chère au Burkina: le ministre du Commerce explique la hausse des prix des produits à l’opposition politique

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