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31 décembre 2018 : soirée bien festive dans les maquis et bars dancing de Ouagadougou

S’il y a une soirée la plus festive au Burkina, c’est bien celle du 31 décembre de chaque année. Des gens en fonction de leur âge ou par affinités, se retrouvent pour fêter cette transition annuelle, soit en famille, en groupe autour du thé, dans les bars dancing,etc. A quelques heures de cette fête, nous avons fait un tour dans certains maquis et bars dancing de la capitale, où les festivités commencent à partir de 18h et ce, jusqu’à l’aube.

Malgré le contexte sécuritaire dégradant avec la perte de dix gendarmes le 27 décembre dans une embuscade à Toéni, le réveillon de la Saint-Sylvestre a tenu toutes ses promesses à Ouagadougou. A 14h, nous parachutons à LEVEL, un bar dancing situé au quartier Ouaga 2000. Juste à l’entrée du bar, un technicien s’attèle à la réparation d’un amplificateur de son, pendant qu’un jeune avec une daba, s’affaire au nettoyage de la cour. Le gérant à l’intérieur de la boîte, veille à la bonne disposition des salons pour les clients. Aucun client pour l’instant n’a lancé une commande contrairement aux années antérieures, selon le gérant. A LEWEL, l’entrée est libre avec une obligation de commander deux bouteilles de whisky ou de vin dont les prix varient entre 20 000 à 60 000 FCFA. « Depuis le 24 décembre jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas d’affluence. Nos clients habituels viennent rarement. Ceux qui prenaient du whisky, prennent maintenant de la Bière s’ils arrivent. Les gens n’ont plus d’argent », nous confie le gérant qui requiert l’anonymat. Par rapport à la situation sécuritaire, « on a pensé que l’Etat allait décréter la Saint- Sylvestre sans festivités à cause de la mort de 10 gendarmes, mais on n’a rien entendu. Donc on se prépare pour accueillir nos clients», a-t-il conclu.

Les préparatifs avant le réveillon de la Saint-Sylvestre vont bon train à NEW ICE

Autre lieu, autre réalité. A NEW ICE, un autre bar dancing situé à quelques encablures du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) l’ambiance est tout autre. Tout est fin prêt pour accueillir les clients. La vingtaine de salons d’une capacité d’accueil de 350 personnes est déjà réservée. La sonorisation, les meubles, les enseignes lumineuses et les décorations des lieux pour réserver un accueil spécial aux clients, bref tout est presque prêt. « Il n’y a plus de places, tout est occupé », c’est la phrase que le manager répétait à ces interlocuteurs.
Il faut tout faire pour réaliser le maximum de bénéfices car après le 31 décembre, les fêtes de fin d’année de façon générale, le marché reste morose pendant une bonne période. « Nous n’avons pas assez vendu les 24 et 25 décembre. On maximise cette fois-ci pour rattraper les pertes », nous souffle Hervé Méda, le gérant du POINT FOCAL, un maquis collé à NEW ICE.

L’intérieur de BLACK DIAMOND avant la soirée du 31 décembre 2018. La salle déjà préparée attend les clients

Au MATATA situé à Dapoa, le constat est le même. Les préparatifs sont ceux des grands jours. Les enseignes lumineuses en passant par la sonorisation, tout a été retouché et testé. Une jeune fille en sexy que nous avons rencontrée à l’entrée a laissé entendre ceci « on s’est préparée pendant des jours pour présenter une belle forme aux clients. On doit être belle pour attirer plus de clients ». Tout porte à croire que la soirée sera folle dans certains lieux de la capitale tant certaines personnes le prouvent sur leurs visages et comportements, et tant les préparatifs le laissent entrevoir. « C’est vrai que le pays est en deuil mais on doit aller au delà, pleurer dans le ventre pour ne pas donner la victoire à nos ennemies qui nous endeuillent tous les jours. Ils veulent que le pays soit paralysé, mais ça ne le sera jamais », nous confiait un homme d’une soixantaine d’années à la sortie du bar.

17h 45 min, nous sommes à BLACK DIAMOND, un bar dancing (Boîte de Nuit) situé sur l’axe SIAO-Pédiatrie Charles de Gaulle. « Allo, le salon fait 35 0000 CFA, envoyer l’argent par orange money dans les 30 min qui suivent sinon, je donne à un autre groupe », c’est ce que nous avons cerné dans une conversation entre un jeune et certainement un client. « Déposer les bouteilles sur les tables pour les occuper, il n’y a plus de places », ordonnait le chef des lieux aux employés. « Hier, on était ici, on a réservé cette place à 200 000 F » ; « Non, ce salon fait 250 000 F », ainsi échangeaient un groupe de jeunes venus confirmer leur place et un managers. Dans cette boîte de nuit comme l’on les appelle, une vingtaine de serveuses y travaillent et le constat est le même par rapport aux autres bars dancing que nous avons visités.

Siébou Kansié
Libreinfo.net

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