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Burkina Faso: le récit des évènements qui ont précédé la chute de Paul Henri Damiba le 30 septembre

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Ibrahim Traoré
Image d'archives de soldats burkinabè

Des jeunes soldats officiers conduits par le capitaine Ibrahim Traoré ont évincé le vendredi 30 septembre 2022, le régime militaire dirigé par Paul Henri Damiba. Ces soldats conduits par le Capitaine Ibrahim Traoré ont prononcé leur discours de prise de pouvoir peu avant 20h à la télévision nationale au terme d’une journée pleine de suspens. Libreinfo.net vous retrace le film de la journée.

Par La Rédaction

Les populations de Ouagadougou ont été réveillées au petit matin du vendredi 30 septembre par des coups de feu. Tout est parti du camp général Baba Sy situé au côté sud de la capitale.

C’est ce camp d’ailleurs qui abrite le commandement de la troisième région militaire toujours dirigée par le président Paul Henri Damiba. En effet, nommé commandant de la troisième région militaire par le président Kaboré en décembre 2021, Paul Henri Damiba a toujours occupé ses fonctions jusqu’à présent.

Quelques heures après les tirs, une partie des militaires prennent le contrôle de la télévision nationale dont le signal restera coupé jusqu’au soir. Les spéculations vont bon train jusqu’à ce que l’on découvre le visage du commando à la télévision nationale en début de soirée.

Que s’est-il passé ?

C’est un coup d’Etat dans un coup d’Etat. En effet, Ibrahim Traoré et ses hommes ont contribué à l’arrivée de Paul Henri Damiba au pouvoir le 24 janvier 2022.

Cependant, ils disent être trahis par le président Damiba. Ceux-ci dénoncent selon eux des nominations de plusieurs officiers supérieurs qui auraient dû être poursuivis en justice pour des « casseroles » qu’ils trainent. Parmi eux, ils pointent du doigts d’autres qui ont constitué des obstacles à leur coup d’Etat du 24 janvier 2022.

Ce coup d’Etat du 30 septembre 2022 a pris forme dans la première région militaire à Kaya (100 km de Ouagadougou), dans la région du Centre-nord.

Le chef de corps de l’artillerie, le capitaine Ibrahim Traoré issu de la 12è promotion de l’Académie Georges Namoano de Pô, nommé en mars 2022 par Paul Henri Damiba a quitté Kaya avec ses hommes pour Ouagadougou, expliquent à Libreinfo.net des sources sécuritaires.

A Ouagadougou, les soldats des compagnies « Cobras » étaient déjà prêts pour soutenir les éléments du capitaine Ibrahim Traoré. Les compagnies « Cobras» toutes dirigées par des capitaines sont basées à Kamboinsin au côté nord de la capitale. Ils avaient pris part activement au coup d’Etat qui a renversé Roch Kaboré et porté Paul Henri Damiba au pouvoir.

Elles sont toutes rentrées dans les rangs du mouvement d’humeur, informent à Libre info des sources sécuritaires.

Pendant ce temps, Paul Henri Damiba est exfiltré très tôt au début des évènements par des soldats de l’armée française stationnés à Kamboinsin.

Le dialogue avec le capitaine Ibrahim Traoré 

Toute la journée a été consacrée au dialogue mais le capitaine Ibrahim Traoré et ses hommes n’ont pas fléchi. Ils ont d’abord demandé à rencontrer le président Damiba à plusieurs reprises. Mais selon toute vraisemblance le président Damiba n’a pas accepté les recevoir.

Après plusieurs faux rendez-vous donnés par le président Damiba,il décide de leur envoyer des émissaires les rencontrer à la Nonciature (située non loin du palais présidentiel) au lieu de s’y rendre lui-même comme convenu.

Là, la tension monte entre les deux parties. Car les hommes de Ibrahim Traoré s’indignent de voir des émissaires du président Damiba en lieu et place du vrai patron. Sur les lieux, il y a eu des échanges de tirs. Selon des sources concordantes, il y aurait eu un mort dans les rangs des émissaires de Paul Henri Damiba.

Les hommes du capitaine Traoré ont vite pris le contrôle du camp Naaba Koom II situé au sein de la présidence.

Dans l’après-midi, les généraux dont Honoré Nabéré Traoré tentent une dernière médiation avec le Capitaine Traoré et ses hommes au palais des sports de Ouaga 2000. C’était le dialogue de la dernière chance. Là encore, les soldats sont catégoriques, il faut la démission de Paul Henri Damiba. Cette rencontre n’a pas pu changer la situation.

Comment s’organisent les différents corps ?

Jusqu’à la lecture de la déclaration vendredi soir à la télévision nationale, aucun responsable du pouvoir renversé n’avait été arrêté.

Certains officiers craignaient un rebondissement de la situation car les mutins n’avaient que l’artillerie et les Cobras acquis à leur cause alors que d’autres corps à l’intérieur du pays supposés être favorable à Paul Henri Damiba décident de progresser vers Ouagadougou.

Certains corps se seraient stationnés à l’entrée de la capitale. Ce qui laissait une situation confuse toujours dans la soirée du 30 septembre.

A tout cela s’ajoute « la solidarité » entre les anciens enfants de troupe (AET), explique un soldat. Pour certains militaires, Paul Henri Damiba peut bénéficier d’emblée du soutien de plusieurs autres anciens enfants de troupe qui sont issus du Prytanée militaire de Kadiogo (PMK) comme lui, contrairement à IB qui n’est pas passé par cette école d’excellence de l’Armée burkinabè.

« C’est une vraie guéguerre cette affaire d’école au niveau de l’armée burkinabè. Le jeune capitaine IB n’a pas fait le PMK. Les AET se considèrent plus militaire. », ajoute notre source.

D’autres officiers qui ont participé au coup d’Etat du 24 janvier 2022, n’ont pas été aperçus toute la journée au côté des nouveaux maîtres. C’est le cas du capitaine Sidsoré Ouédraogo; le pilote de l’armée de l’air, une figure du coup d’Etat du 24 janvier. C’est lui qui avait lu la première déclaration du MPSR le 24 janvier 2022.

Quid du Lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana?

«Le Lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana n’est pas mêlé à cette affaire. Ses militants ont tenté de profiter de la situation mais ils ne sont pas associés à ce coup d’Etat », explique une source sécuritaire.

Les organisations de la société civile (OSC) qui manifestaient sont des « opportunistes ». Ses soldats de l’unité mamba vert sont toujours à Ouahigouya au 12è régiment d’infanterie commando (RIC) déclare à Libreinfo.net la même source.

Comme le coup d’Etat du 24 janvier 2022, les populations n’ont pas opposé une résistance au putsch du 30 septembre 2022.

Lire aussi: Burkina Faso: la CEDEAO condamne « le coup de force»

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